Des fois le hasard fait "achement" bien son boulot – ou pas.

Après mes déboires avec mon volailler, les pintades et compagnie, j’peux vous dire que votre estime de vous même prend un sacré coup dans l’aile (notez le super jeu de mot).
Je suis d’une nature timide… plus que timide même. J’pense qu’on peut facilement dire que je suis effacée. De part mon adolescence assez chaotique, je me suis crée un espèce de mur en béton armé, tant et si bien qu’au premier abord en général, on me trouve au choix : désagréable, ours polaire tout juste sortit de sa banquise… et dernièrement on a même employé les mots « pires qu’un iceberg ».
J’vous rassure, c’est pas le cas du tout, et mes proches en rigolent par la suite « ptain, la 1ère fois que je t’ai vu blabla blabla ».
Revenons-en à nous moutons : je suis timide. Alors autant vous dire que quand j’ai décidé de faire des études dans la communication, ça a suscité beaucoup réflexions des gens. « Mais comment tu vas faire ? ».
Bah je sais pas, mais j’ai fait.
J’ai fait mon bonhomme de chemin, et j’peux l’dire j’ai même plutôt bien réussi : à 18ans j’étais présidente d’une asso que j’avais crée, à 19ans, j’étais chargée de com d’un radio… à 20, je passais responsable communication au niveau départemental. Mais j’étais toujours autant timide. Sauf qu’au boulot, c’est différent : j’ai un certain temps de préparation en amont, un énorme travail à faire sur moi-même, mais quand j’ai décidé que j’aurai tel ou tel partenariat… bah je reviens avec. Mon patron m’avait même dit que justement ma timidité et mon manque de confiance apparent étaient mes plus grandes forces… car mes interlocuteurs ne se sentaient pas « menacés », pensaient avoir tout le contrôle et ainsi décider de tout. Sauf que c’est complètement faux.
Bref.

J’ai galéré, j’en ai clairement chié pour être polie, mais j’ai fait mes preuves. Et puis, la vie a fait que j’ai changé de département… et donc de taf. Je me suis retrouvée au poulailler. Sincèrement, les 2 premiers mois : wouaw. J’leur ai fait le même effet. Super taf, etc etc. Pas d’bol, Mme pintade s’est sentie menacée… alors qu’il n’y avait absolument aucune raison (chacun son métier)… et les 1ères prises de bac sont vite arrivées. La suite vous la connaissez…
Le « hic » dans cette histoire c’est qu’en partant de cette boite, et à force d’être traitée comme une merde, bah tu finis par penser que t’en es vraiment une. Donc au début, j’ai cherché dans mon domaine… J’avais le potentiel : mon CV m’a permis de décrocher pas mal d’entretiens dans des boites pas mal, des postes au top. Et ouais… sauf que quand tu te sens comme une merde : va te vendre à un entretien…
Résultat des courses : je les ai tous foiré (et me suis donc encore plus prise pour une merde). La boucle était bouclée.
La chance a fait que, le magasin où je bossais en double emploi, cherchait une vendeuse : pas d’entretien, il me connaissait. J’ai commencé un samedi. Le dimanche j’avais les clefs et ouvrait seule. Mon patron n’a jamais parlé de moi comme « vendeuse » mais « responsable » « directrice ». Bref, on en rit, ça me soulage…. une saison est passée ; j’ai repris un peu du poil de la bête. J’ai rigolé sur ce blog en racontant les anecdotes, mais mon quotidien c’était le stress : peur de mal faire, peur qu’on me dise quelque chose, même infime car je l’aurai mal vécu. Dieu soit loué, mon patron ne m’a jamais rien dit. Bien au contraire. Lui, c’est la 1ère fois qu’il délègue autant ; alors on a un peu appris ensemble avec des moments un peu brouillon (mais marrant).
Mais il faut se rendre à l’évidence : la vente, c’est pas mon métier. Ça me va pour l’instant, je pense même refaire une saison, mais faire ça toute ma vie ?
Non.
Mais le hasard fait plutôt bien les choses.

Quand je sors dans le coin, je vais assez souvent au même endroit. Un p’tit bar à vin qui s’est monté y’a peu. L’ambiance est sympa, le patron est devenu un bon pote. Il m’a prêté son Kangoo y’a 15 jours pour que je puisse récupérer un frigo, on lui envoi pas mal de gens… Bref. Un pote.
Et hier, il m’envoie un SMS : lui et son associé veulent me voir ; ils ont une proposition à me faire en rapport avec mon métier. Je reste sur le « cul ». Pourquoi moi, pourquoi maintenant ?

Me voilà donc avec ce SMS entre les mains. La joie, le stress, les questions, tout ça font un joyeux bordel dans ma tronche.

J’ai pris une grande respiration et j’ai été le voir.
Il est cash : il veut que je m’occupe de sa com’ et ses événementiels.
Grosse claque. Je comprend toujours pas pourquoi moi mais bon. J’essaie d’en savoir plus.
Il m’explique qu’il veut des partenariats avec des hôtels, faire des soirées à thèmes, m’explique 2, 3 concepts d’idées qu’il a eu… Il est « à fond », il croit en moi à 300% (bien que je ne sache pas pourquoi). Bref. Je suis un peu perdue, mais putain c’est mon métier !!!

Tous mes vieux réflexes, mes idées, mes envies/projets refont surface. J’ai 15000 idées à la minute, ça m’emballe, ça me booste. Mon cerveau bouillonnent dans une effusion de joie et …. malheureusement, de stress. J’ai RDV officiellement demain avec eux pour approfondir la chose… Je suis envahie par la motivation, mais je ne peux pas m’empêcher de « me chier dessus ». Et si je me loupe, et si j’y arrive pas, est-ce que je vais réussir à m’organiser (c’est du travail plus ou moins à domicile), et si, et si…
Et c’est juste l’Enfer.
J’pense que demain, je vais être en stress pire qu’à un entretien d’embauche ce qui en soi est complètement ridicule. C’est un pote, il me connait, a déjà vu mon taf, connait par cœur mon patron actuel. Bref. C’est ridicule, mais je n’arrive pas à en faire abstraction.
C’est dans ces moments précis où je me dis que le poulailler m’a véritablement retourné le cerveau, m’a dévasté de l’intérieur… dans ces moments là que je me dis que finalement, les Prud’Hommes, c’est essentiel pour moi. Ça marquera une fin, une étape, une reconnaissante : non c’est pas moi qui ai fait de la merde, c’est bien eux qui sont responsables et mon boulot/mes compétences n’avaient rien à voir dans leur décision.
Mais voilà, les Prud’Hommes c’est le début. Ça va être long et mon RDV c’est demain….

Je trouve dommage que dans les cas de harcèlement moral on évoque si peu souvent ce coté « conséquenceS », parce que au final, c’est ça le véritable drame. Ces remises en question, ces doutes. Se remettre dans le bain APRÈS. C’est comme s’il y avait un tabou. Alors oui, je crève cet abcès car c’est véritablement un problème.
Le harcèlement c’est dur sur le moment… après on « oublie » un peu… Du moins on essai. Mais quand il faut se remettre dans le boulot, wouw. On se reprend tout en pleine tronche. Tout ce qu’on t’a fait subir et penser de toi ressortent : la bonne grosse merde est de retour sur le marché de l’emploi youhou. Bon, j’suis peut-être un peu cru dans mes mots (maux?) et dans les extrêmes, mais c’est un peu l’idée. Tout ce que l’on t’a reproché ressort. Même les conneries qu’on t’a imputées et que tu n’as jamais commises (c’est fou non ?). Ça m’espante de voir comment 1 année et demi de ta vie peut avoir autant d’influence sur tout ton Avenir. Comment des connards finis peuvent avoir eu autant d’emprise sur toi ? Aucune idée. Mais croyez-moi, mon cerveau est en pleine contradictions : Je sais que j’ai su faire, j’en ai envie, j’ai été virée pour avoir fait de la merde, oui, mais je bossais pour des cons, oui mais j’ai quand même été virée et maintenant je fais un taf qui n’est pas le miens, personne dans la com a voulu de moi… est-ce que je suis prête, comment je vais faire, par quoi je vais commencer, est-ce que je dois lui dire, et si je me prends un échec/refoule, et si, et si, et si etc. etc.

Vous l’aurez compris, je suis assaillie entre l’envie extrême et mon trouillomètre à 0.
C’était donc ça le dernier cadeau du poulailler….

Cadeau empoisonné en tout cas.

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5 réflexions sur « Des fois le hasard fait "achement" bien son boulot – ou pas. »

  1. ouah toi aussi tu dis ‘espante’ je pensais que c’était qu’en Roussillon ! bref mis à part ce détail … ton stress est quand même légitime dans le sens où même si le poulailler t’a ravagée tu aurais quand même été dans cet état ! ca veut dire que tu as vraiment envie de faire ce truc et que ça te tient à coeur. Et srtt je suis sure qu’une fois que tu auras la tête dans le guidon, en train d’organiser plein d’événements et contacter tout plein de gens tu seras dans le concret et petit à petit tu oublieras le poulailler … vas y fonce, tu n’es pas arrivée là par hasard et prends conscience que si ils ont fait appel à toi c’est que justement eux ne doutent absolument pas. Eclate toi bien dans ce nouveau projet (je suis un peu jalouse j’aimerais tellement en avoir un dans le style) profite et fais toi plaisir surtt même si il y a bcp de taff. C’est ce que tu sais faire, c’est ce que tu as envie de faire là est l’essentiel !

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    1. Merci !!!
      Espante 😉 Héhé, ça fait 10 ans que je vis dans le sud (Gard/hérault) maintenant ; tu vois j’me rends même plus compte que j’emploie des expressions locales ^^
      Et pour le reste, oui je vais foncer. De toute façon c’est en « indépendant » donc je continues mon boulot de saisonnière (je fais les 15 derniers jours pour la Toussaint et après vacances jusqu’à Pâques) … Y a une évolution et pérennisation possible sur les 2 boulots en plus. Mes 2 patrons se connaissent super bien en plus vu qu’ils sont potes ; et mon 1er patron s’est foutu de moi (oui on adore se taquiner) hier en me disant « attention y’a ton honneur en jeu mais y’a le miens aussi ».
      C’est vraiment une situation hors du commun !!
      Cela dit, oui bien sûr je vais le faire… forcément même. Va juste falloir que je prenne énormément sur moi ^^

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  2. Je me reconnais dans ta description,je suis timide, je suis chargée de com’ et je suis aussi dans un poulailler, genre le directeur qui souvent n’est pas là sait exactement à quel heure j’arrive et je repars, sauf que je ne badge pas,donc les poules doivent parler…Ça fait un an que j’y suis et là franchement j’ai fait le tour toujours les mêmes taches, je n’ai aucun projet à gérer et quand on m’en donne un ont me le reprends aussi sec! Même la service civique de la boite à des projets intéressants, c’est pour dire! et tout ça pour à peine un smic à bac+5. En fait j’ai même plus envie d’aller bosser le matin! J’espère que ça va marcher pour toi!

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    1. Pourquoi ne cherches-tu pas ailleurs ? Tu as pour l’instant la « sécurité » de ton poste actuel… ça te permets de bien chercher et trouver quelque chose qui te correspond mieux et le tout, sans urgence (oui parce que je sais qu’avec la crise c’est compliqué)
      Pour l’avoir vécu, ce n’est pas une situation viable sur du long terme… c’est frustrant, éreintant. Et pour en être sortie : c’est aussi se sentir libérée et revivre. Pour ma part, je suis partie dans la vente, donc rien à voir avec la com’, mais finalement, c’est bien, c’est assez complémentaire et ça change…

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