Coïncidences, croyances, ou magie face à la mort ?

Ce mois de janvier a été bien particulier pour moi. Tout autour de moi, mes proches ont été confrontés à ces situations que personne ne souhaite, mais auxquelles tous, nous sommes confronté un jour : la mort.
J’ai décidé aujourd’hui d’en parler, pour « expier » mais finalement aussi parce qu’être confronté à tout ça nous oblige à nous poser des questions voire à nous remettre en question.

Une de mes amies, dont la grand-mère était atteinte d’Alzheimer a vu soudainement son état empirer. Admise à l’hôpital, les médecins lui ont donné 48h. Mon amie, accompagnée de sa mère, a donc veillée sa grand-mère : il était inconcevable pour elle de la laisser partir seule.
Je ne connaissais pas cette dame, mais on m’en a énormément parlé. C’est une femme qui a tout fait pour sa famille, qui s’est sacrifiée pour apporter un peu de Bonheur, joie à tous ceux qui croisaient sa vie. Malgré ses très fortes croyances religieuses (juive), elle a par exemple, accepté l’homosexualité de sa petite fille. Et du coup, dans mon fort intérieur, j’étais persuadée qu’elle partirait quand elle serait justement seule dans sa chambre pour épargner à sa famille la vue du « dernier souffle » : une femme aussi généreuse ne peut pas faire subir « ça » à ses proches.

Son état n’a fait qu’empirer, puis, comme par enchantement, s’est amélioré : pronostique vital repoussé d’une semaine. Aussi au bout de 4 nuits passées à l’hôpital, mon amie et sa mère ont décidé d’y aller chaque jour et ne plus y passer leur nuit. Elles étaient épuisées, et vous imaginez facilement l’état nerveux dans lequel elles pouvaient être.
Avec ma chérie, nous avons été à l’hôpital une 1ère fois, au début de l’admission et nous y sommes retournées ce jour où on a annoncé une échéance plus lointaine.
Le matin je devais me rendre à Pole Emploi ; mon GPS a lâché… Ma femme connaissant la route me dit alors : « je te guide ». J’ai refusé : on va directement à l’hôpital. Sur place, impossible de trouver une place. J’ai fait 11 fois le tour. Pas 12, pas 10. 11 fois. Et puis j’ai pris la décision de me garer en dehors de l’enceinte hospitalière.
Nous arrivons donc à l’hôpital, en bas, notre amie et sa mère en train de fumer. On se fait la bise… et sitôt faite, les infirmières arrivent : « c’est fini ».
Cette dame était dans un coma profond et ne réagissait plus aux stimuli extérieurs, mais c’est comme si elle « savait », qu’elle « attendait » le moment, la minute où elle serait seule. Les médecins lui ont administré de la morphine, en augmentant les doses, pour l’aider à partir plus vite et sans douleur. Il était complètement inconcevable qu’il y ait une quelconque rémission… et pourtant, c’est ce qu’il s’est passé! Comme si sa rémission complètement surréaliste s’était présentée juste pour que sa famille sorte enfin quelques minutes de sa chambre sans peur.
On se pose aujourd’hui beaucoup de questions… Pourquoi ai-je dit qu’elle partirait quand les filles ne seraient plus dans la chambre alors que je ne la connaissais absolument pas? Pourquoi mon GPS a lâché ce matin là (alors qu’il fonctionne très bien depuis et fonctionnait très bien avant), pourquoi ai-je dis « fuck » à Pole Emploi, pourquoi ai-je fait 11 tours et pas 10, ou 12 ? Pourquoi sommes-nous arrivées à la minute même ?

Des exemples comme celui-là, j’en ai à la pelle :

Dans ma famille, un oiseau coincé dans une maison est signe de mort. Le jour où ma mère est décédée, un oiseau était dans la maison… et quand je l’ai vu, j’ai su. J’peux pas vous dire pourquoi, mais je savais sans l’ombre d’un doute que c’était fini. Et pourtant j’ai essayé de le faire sortir ce maudit piaf. Rien à faire. J’ai regardé l’heure à ce moment là… C’était la même heure inscrite sur son acte de décès. Pourquoi ?

Plus jeune, j’ai perdu une de mes meilleures amies. Le médecin lui a diagnostiqué une gastro alors qu’elle souffrait d’une embolie cérébrale. J’ai dit à ma meilleure amie que ça n’était pas une gastro, j’en étais sûre. Mais voilà, j’avais 17ans et je n’étais pas médecin, mais j’étais sûre que c’était beaucoup plus grave.
A cette époque là, j’ai du partir en Égypte en « vacances »… 2 jours plus tard, je rêvais de son enterrement. Je l’ai su après, mais c’est ce même qu’elle est effectivement décédée. Personne ne me l’a dit, tous ont préféré que je rentre en France pour me l’annoncer (je venais de perdre ma mère quelques mois plus tôt). Mais du jour où j’ai fait ce rêve, je savais. Je ne lui ai d’ailleurs ramené aucun cadeau de là-bas car j’étais sûre de moi. Et c’est d’ailleurs la 1ère question que j’ai posé en arrivant chez moi. Pourquoi ?

Je vais peut-être vous paraître étrange, mais je trouve qu’il y a une part de magie dans la mort (ce qui ne m’empêche pas d’en avoir peur). Tous les décès auxquels j’ai été confronté se sont faits dans un tas de coïncidences étrange. Pourquoi ?

Mon grand-père a perdu sa femme, ma grand-mère donc, dans les « meilleures conditions » qu’ils soient (à supposer qu’il y en ait des « meilleures ») : il ne voulait pas être seul le jour où cela arriverait. C’était sa plus grande peur. Ma grand-mère, pourtant aussi atteinte d’Alzheimer, a finalement respecté cela et s’est éteinte exactement au moment où le médecin est arrivé. Pourquoi ?

Mon arrière grand-mère, la dernière fois où je l’ai vu, ne nous a pas dit « au revoir » comme d’habitude. Non. Elle nous a dit « adieu »… Elle pétait le feu du haut de ses 99 ans. Aucun problème de santé particulier… pourtant, elle nous a dieu « adieu »… et s’est éteinte peu après. Elle avait eu des soucis plus jeune, s’était cassé le col du fémur, avait eu des problème de santé, mais elle nous disait « au revoir ». Et là, alors que tout allait bien : « adieu ». Pourquoi ? Le savait-elle dans son fort intérieur?

J’ai décidé d’aborder ce sujet parce que finalement ça éveille beaucoup de choses. Je suis désolée ce billet est décousu… J’écris comme les idées me viennent, et il faut dire aussi que la mort est un énorme tabou dans notre société ; ce qui ne rend pas les choses faciles et aisées à développer.

Mais d’ailleurs, pourquoi est-ce un « tabou » ?
Qu’on soit gentil, bon, méchant, con, catho, juif, homo ou hétéro, on aura tous la même « sentence », on la vivra tous. On est tous égaux face à elle. Alors, le tabou vient-il du fait que finalement, personne ne sait vraiment ? Qu’on se sente si petit face à cette réalité inévitable ?
La mort est quelque chose qui nous échappe : on ne sait pas quand, comment. On ne sait pas le « après ». On se raccroche à nos croyances quelles qu’elles soient, mais personne n’a jamais pu confirmer ces choses auxquelles on se raccroche. C’est finalement étouffant d’y être confronté car aucune question ne trouve réponse. On est totalement impuissant et petit. Face à elle, on est si peu de chose…. tous autant que nous sommes.

J’ai parlé de « magie » face à la mort. Ça peut choquer. Mais je pense que toutes ces coïncidences ne sont pas que l’œuvre du hasard et finalement tout ce qui s’est produit était une sorte de « message » pour ceux qui restent. Aucun scientifique n’a eu d’explication, aucune religion non plus, mais dans mon fort intérieur, c’est ma conviction.

Cependant je n’oublie pas que la mort est une expérience intime et profondément personnelle, et il existe autant de croyances que d’êtres humains : la mort est aussi magique qu’elle est mystique. On tente de l’apprivoiser comme on peut.
Certains en ont peur, d’autres pas.
Certains croient à la vie après, d’autre à la réincarnation, d’autres aux Paradis.
Certains aiment les rituels, d’autres pas.
Certains souhaitent garder un objet du défunt, d’autres surtout pas.
Certains sont tristes, d’autres moins.
Certains relativisent, d’autres pas.
Certains voient des « messages » là où d’autres ne voient que des coïncidences…

Et vous ?

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