La goutte d'eau : opération programmée :(

dentiste-

Je voudrais bien rencontrer le crétin qui nous a pondu une aberration anatomique : les dents de sagesse ; et j’aimerai aussi comprendre pourquoi au cours de l’évolution humaine, elles n’ont pas disparues puisque de toute évidence tous les dentistes/stomato/ortho s’accordent tous à dire qu’elles ne servent à rien d’autre que de leur faire gagner du fric ?

Les 2 miennes (oui pour une fois que je fais les choses à moitié !) sont sorties quand j’avais 18ans. Mon corps a été intelligent : elles sont bien sorties, toutes belles sans gêner les autres. Elles se sont développées sans foutre le bronx dans ma bouche… et comme je suis très sage, elles sont trop sorties (quasi 4mm de plus que mes autres dents, ce qui crée un « pallier »)

Mais voilà, elles se sont développées dans une mâchoire tordue. Ah la vie était belle pour elles ! Maintenant que la mâchoire est dans le bon axe, elles elles ne se sentent plus à leur place et me l’ont fait savoir. Surtout celle de gauche, petite pute.
Hier donc, l’ortho m’annonce qu’il faut les retirer, enfin surtout celle de gauche pour le moment. En 3 mots, il a concrétisé toutes mes angoisses. Ils m’expliquent, me démontrent pendant 20min leur effet gênant… et m’explique que la gêne qu’elle provoque annihile l’effet de l’orthèse : ma mâchoire veut finir son placement « correct » mais ma p’tite pute la gêne. C’est donc pour cela que tous les symptômes d’avant (névralgie, vertiges, contractures etc. etc. etc.) sont de retour.

« On est parti ? »
Euh, la tout de suite, maintenant ? *Prise au dépourvue total*
Bah oui…
Euh, je ne suis pas sûre…

Je m’en doutais fortement, mais agir aussi vite, le choc psychologique est immense. D’ailleurs il s’en vite compte. Je deviens translucide, tremblante… Il essaie de me rassurer : c’est rien, ça ne dure que quelques secondes. Mais mon cerveau projette dans ma tête des images d’horreur : tenaille, bruit, arrachage. En fait, pour une dent de sagesse qui n’a pas poussé je vois comment ça se passe : on ouvre, on enlève, on recoud… mais une dent déjà sortie ? A part tirer dessus, je ne vois pas… et vu la taille de la dent, j’imagine la taille de l’outil et la force nécessaire…
Impossible de me raisonner. J’essaie de me dire « au moins c’est fait », et puis si je reporte je vais encore plus psychoter, mais non ; mon fort intérieur hurle « non pas maintenant ».
Il regarde quand même mes dents, constate que l’ouverture de ma bouche est encore limitée et est juste suffisante pour qu’il y ait accès correctement. Sauf que maintenir la bouche 2min ouverte c’est déjà clairement insupportable : mes muscles se tétanisent, ma lèvre se met à trembler et pire, la mâchoire craque et j’ai l’impression qu’elle va juste « lâcher »…

Je rappelle que je peux l’ouvrir à 2cm max… si il appuie sur l’articulation (au niveau de la tempe), ça estompe un peu la douleur (ça la diffuse plutôt qu’elle ne reste « centrée ») et j’arrive juste à 2,5cm…

ouverture« C’est juste, mais c’est possible pour lui ». C’était la phrase de trop… c’est « juste » : donc en gros, tu vas tirer sur ma bouche pour la maintenir ouverte donc je suis assurée de déclencher une névralgie dans la foulée…

Il m’explique qu’en l’enlevant il est relativement probable que celle juste à côté développe une carie. C’est le pompon… Je manque le malaise. Je me décompose encore plus…

Il tente l’humour.
Non, ne cherche pas, t’es pas drôle mec. Absolument pas. Tu pourrais faire n’importe quoi le singe avec une plume dans le cul que tu ne serais toujours pas drôle ; pour moi là, t’es juste un monstre qui va enlever un bout de moi.

Il me dit finalement, je ne vous sens pas… ça tombe bien, moi non plus je me sens pas là : on va vous mettre sous anti-inflammatoire et anti-douleur… le fait d’avoir moins mal vous aidera probablement.

Euh, je ne crois pas… mais si tu veux !

Il m’explique un peu… Je demande pour les gonflements (je travaille 2jours après) : il n’y en aura pas. Mouais, vu ma chance, je suis sûre de tripler de volume genre éléphant man, le tout surement accompagné de bleu…
Juste, il m’explique que les 2 jours après je ne devrais pas fumer ou le minimum.
Ah, et juste avant, j’ai le droit de fumer le paquet complet ou bien ?!
Il rigole… Il me répète que c’est une opération bénigne, anodine et quasi quotidienne pour lui. D’ailleurs, le patient avant vient de le faire, ça a duré 10sec en tout. C’est une histoire de confiance.
Non, c’est une histoire d’angoisse, de trouille, de peur viscérale et je le sais irrationnelle, mais voilà, je ne contrôle pas. Et puis, je n’ai jamais eu de problème, jamais charcutée, anesthésiée, ouverte, allo, tu m’en demandes beaucoup… surtout quand tu sais qu’un simple détartrage m’angoisse. Non pas que j’avais eu mal aux dents, mais parce que garder la bouche « « grande » » ouverte est un véritable supplice et que la douleur traine sur plusieurs jours. Je lui demande si il a quelque chose à me filer pour l’angoisse car je risque d’être ingérable, casse-couille, infecte… Il me dit non, ça ne sert à rien. Ok, à tes risques et périls mecs… je ne peux pas ouvrir la bouche, par contre mordre, je maitrise encore.
La secrétaire aussi tente de me rassurer et puis elle me montre sur le dossier qu’il avait écrit que cette foutue pute dent de sagesse viendrait perturber le traitement à un moment. Je l’ai un peu mauvaise : pour lui c’était aujourd’hui… elle aurait pu me prévenir que ça risquait d’arriver et surtout que c’était possible qu’il me le propose le jour même ; certes, je me doutais qu’il me dirait ça, mais absolument pas qu’il me le proposerait cash. Pour moi c’est quelque chose qui se programme…

Je monte dans ma voiture, et je m’effondre.

J’ai la haine après lui, mêlé à un trop d’angoisse et à ces douleurs chroniques qui me rendent dingue… Il n’en fallait pas plus pour que je craque.

Je me reprends, et passe finalement à la pharmacie avec mon ordonnance, en mode automate, avec une seule idée en tête « et vous avez des trucs pour les angoisses TRÈS fortes ET passagères ?!». Elle me file de l’homéopathie (gelsemium et ignatia amara)… 3 de chaque par jour 2 jours avant, et 10 de chaque le jour J. Elle me regarde : en fait, vous pouvez commencer dès maintenant (donc une semaine avant). Quoi, ça se voit tant que ça ?!

Me voilà donc chez moi à stresser, j’ai fait des cauchemars ignobles cette nuit… et je viens de me rendre compte qu’il m’a prescrit des anti-inflammatoires que bien entendu, je ne supporte pas (pour changer !!)… oui la trouille m’a fait oublier de vérifier l’ordonnance.
Au final, tout le monde me dit que j’ai été conne d’avoir refusé et reporter… Mais pour moi non. J’ai besoin d’un temps, même si ça ne changera rien à la peur : attend, on va m’enlever un bout de mon corps, certes inutile, mais on va mutiler ma bouche… oui, je sais c’est une drôle de façon de voir les choses, mais c’est ainsi que je le vis.

Ma peur est irrationnelle, et j’en suis consciente, mais rien y fait. Je n’en parle pas car tout le monde me dit « c’est rien, tu verras, ils ont l’habitude ». Et alors? Qu’est-ce que je m’en fous qu’il ait l’habitude ou pas? C’est ma dent, ma bouche.

C’est comme pour les gynécos ça : « mais ils s’en foutent ils voient des chattes toute la journée »… Je m’en fous, quand c’est la mienne, c’est différent !
Et je ne suis pas débile, je sais que c’est un acte anodin… je le sais. Mais je sais aussi la douleur non-stop que je supporte depuis octobre. Je sais que c’est inévitable pour que le traitement fasse son oeuvre. Je sais que personne n’en est mort, je sais aussi qu’on ne sent rien avec l’anesthésie…
Mais voilà, j’ai peur de l’anesthésie (la seule que j’ai faite n’a jamais fonctionné… fais-toi recoudre sans anesthésie, tu comprendras), j’ai peur qu’il galère (poissarde comme je suis!), j’ai peur d’entendre ma mâchoire se déboîter (car qu’on se le dise, j’ai un gros risque que cela arrive), j’ai peur du bruit, j’ai peur que mes dents se déplacent par la suite, j’ai peur de cette potentielle carie, j’ai peur d’avoir une grosse névralgie après.
Et puis c’est con, mais je le vis vraiment comme une mutilation… on t’enlève un bout de toi (oui je sais aussi, c’est complètement idiot).
Mais j’ai peur, je me chie littéralement, et ça, ça ne se contrôle pas!!

J’ai RV jeudi… Au secours.

Publicités

2 réflexions sur « La goutte d'eau : opération programmée :( »

  1. Tu aurais du le faire de suite; histoire finie, tu aurais angoisse un max mais au moins tu n’aurais plus rumine! Tu ne prendrais pas des medocs pour te calmer.
    Oui plus facile a dire qu’a faire, mais ca aurait ete fait.
    Apres, je vais « etre mechante » mais oui ok on t’enleve un bout de toi, mais…..oui, mais..lorsque tu as tes regles tu perds un bout de toi, non?
    Si on t’opere de l’appendicite aussi? et pourtant c’est VITAL! c’est l’operation ou tu creves?!
    De meme pour ta dent; ne vois pas: je perds un bout de moi mais plutot: ma p’tite dent, t’as assez pousse, tu m’as assez fait souffrir, je suis plus forte que tes quelques centimetres d’ivoire, je te dis bye bye.
    Adieu, au revoir, je t’aimais bien mais c’est capital pour moi de survivre, de vivre normalement.

    J’ai eu une dent de sagesse qui s’est cassee….j’ai file chez le dentiste la peur au bide. Il me l’a arrache et m’a recousue et j’ai dit: mais…deja?! Il est plus douloureux de se faire soigner une carie qu’un arrachage!
    Courage, courage 🙂

    J'aime

    1. Je ne l’ai pas fait de suite parce que nouvelle brutale déjà, par peur (parce que mes dents c’est sacré… surtout que je n’ai jamais eu de problèmes de ce coté-là), mais aussi parce qu’en cogitant, je me suis vite rappelée que je bossais le lendemain… Et pour moi c’est con, mais on gonfle après et voire on a des bleus (pour toutes mes potes ça a été le cas). Or, je travaille dans l’esthétique… Le dentiste m’a dit que non… Mais vu ma poisse en ce moment (et en général), je voulais pas prendre de risque.
      En plus, je ne bosse que les week-ends car hors saison encore… et j’ai vraiment besoin de thunes (car ça coûte cher tout ça) ; du coup, j’ai quelque chose pour éviter de gonfler par sécurité, que j’ai déjà commencé à prendre pour vraiment limiter les risques. L’opération est jeudi, je bosse le samedi, j’ai une petite marge si jamais ça arrive (bien que j’espère qu’il ait raison).
      Tu n’es pas méchante (je le prends pas mal) mais les règles ça n’est pas pareil :-p on est « programmée » pour ça. Ça fait parti du fonctionnement ^^ on est pas programmé pour se faire enlever les dents de sagesse hihi (j’en reviens à la débilité d’avoir ces chicots si elles ne servent à rien). C’est comme accoucher… ça ne me fait pas peur (y’aura forcément une appréhension hein parce que je ne connais pas) car biologiquement on est « fait » pour. C’est biologique. Je ne sais pas si tu comprends mon raisonnement ?
      Pour l’appendicite, je pense que j’aurai réagi pareil… Mais je l’ai encore mon p’tit bout hihi ^^
      Après j’avoue avoir une relation particulière aux dents et aux yeux… J’ai la phobie des dentistes et des… ophtalmos. On ne rit pas ^^ Et j’peux même te dire que chez l’ophtalmo c’est pire que tout ; ouais, pour un contrôle de vue je tremble comme une feuille. C’est débile, ils n’y touchent jamais… mais voilà, j’ai peur et je peux même pas dire pourquoi. C’est comme les dents… Jamais eu de problèmes, alors pourquoi j’ai peur ? C’est con quand même…
      Et puis ces dents de sagesse, pour moi ça n’est pas une opération vitale, mais de confort… pour améliorer mon quotidien, certes, mais ma vie n’est pas en jeu. Et puis c’est pareil : elle ne me fait absolument pas mal… elle me gêne juste ; je pense aussi que ça fait partie des raisons pour lesquelles j’ai un problème avec cette opération ; finalement, si elle me faisait vraiment mal, j’aurai probablement moins eu de problème à « l’accepter ».
      Après, je vais le faire. J’ai le choix entre être gênée et me taper des névralgies quotidiennes ou, ne plus être gênée et influencé probablement positivement sur le traitement ortho. Mon choix est fait, c’est évident ^^
      Après, je sais aussi que j’ai un gros risque de déboîtement de la mâchoire… et ça, l’anesthésie ni changera rien.
      En fait, après écriture de ce billet, et réflexions depuis, je pense que ça n’est pas l’opération en elle-même qui me pose problème. Anesthésie/retirage de chicot/couture, ça ne me gêne pas plus que ça finalement, je sais que c’est maîtrisé, habituel, courant, banal… c’est tout ce qui est autour, et qui finalement n’est pas maîtrisé : opération de confort (mais je me fais une raison), risque de gonflement, risque de déboîtement, devoir forcer pour maintenir la bouche ouverte… et le après : névralgie (car j’aurai forcé), ouverture buccale encore plus limitée… Les simples détartrages sont déjà une torture pour moi juste parce qu’il faut garder la bouche ouverte… Je me souviens au dernier une dentiste avait même tenté de m’anesthésier pour que je ne sente plus ma bouche et que de fait, les muscles se relâchent. Quedal, son l’anesthésie -à son grand étonnement- n’a jamais pris. Alors elle a probablement mal géré son dosage ou je ne sais quoi, mais voilà ça m’a marqué. Quand je me suis ouvert la tronche pareil : l’anesthésie mon cul, j’ai bien senti l’aiguille, le fils et tout le bazar. Je lui ai même dit : tiens vous en avez fait 5 alors que vous m’aviez dit 4… Du coup, ça aussi ça me stresse un peu ^^
      Mais bon, depuis que j’ai écrit cet article j’ai déjà un peu cogité et je relativise un peu plus ^^ Après pépère est prévenu (mais il doit avoir l’habitude), j’ai été honnête avec lui sur le fait que j’étais pas super emballée… J’espère qu’il trouvera les mots adéquates aussi ^^

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s