Se sentir inférieur…

inferioriteN’avez-vous jamais connu ce sentiment d’infériorité ?

Il y a peu j’ai été contactée par un ami pour boire un verre. Quelqu’un que j’apprécie et que j’ai connu pendant mes études sup’. A l’époque, nous étions jeunes, plein de projets, d’ambitions. L’Avenir devant nous.
A 30 ans, je vous rassure, j’ai toujours des projets, de l’ambition et un Avenir devant moi. Mais voilà, lui a « réussi ». Même très bien : maison, et situation pro au top puisqu’il est maintenant directeur d’une agence bancaire.
Du coup, il y a un décalage dans nos vies, et j’ai eu le droit à quelques réflexions qui m’ont vexée. Oui, je peux le dire. J’ai été vexée, je me suis sentie inférieure, nulle.
Nous avons fait les mêmes études et je suis à ce jour, dans un boulot qui n’est absolument pas le miens. J’ai bien acheté une maison mais je galère depuis 4 ans, quelque chose qu’il ne conçoit pas. Bref, je vis le parcours du combattant alors que pour lui, tout semble simple, tout lui réussit. En fait, il ne comprend pas que j’en sois à ce « stade » là, d’autant plus que, je cite « tu étais celle qui avait le plus de projets et qui, au niveau des cours ne galéraient absolument pas ». Suite à ça, il m’a posé la question fatidique : « mais à la fin de ta journée de boulot, quelle satisfaction as-tu? », « qu’apprends-tu de tes journées? ».

Là est la question. A bien y réfléchir, il n’a pas tord : professionnellement, je n’ai aucune satisfaction si ce n’est celle « d’avoir tenu le coup ». Je n’apprends rien, je « subis », mais je reste car c’est un boulot « alimentaire » et je n’arrive pas à trouver ailleurs. J’y suis « tombée » par hasard, et j’ai l’impression d’être embourbée dans cette situation.
Je suis à 10000 lieues de ma formation, 10000 lieues de mes rêves, 10000 lieues de mes ambitions. Et j’avoue en plus qu’avec ma recherche d’emploi actuelle complètement au point mort, infructueuse et qui ne débouche sur aucun entretien, aucune réponse, je me remets encore plus en question. Quand bien même j’arriverais à obtenir une entrevue, je sais que cela serait compliqué, car même si je sais qu’au niveau du taf, j’ai des compétences, je suis une bosseuse et que j’ai toujours réussie à surprendre dans mes capacités, je suis malheureusement incapable de « me vendre ».
Arrivée devant un potentiel employeur, je perds tous mes moyens, je redeviens une « petite fille » qui bégaye, tremble, stresse, incapable de valoriser ses expériences. Et même si j’y arrive, il y a un décalage entre « ce que j’ai réussi à faire » et la façon dont je présente : tremblant, bégayant… Niveau crédibilité aïe. Et pourtant !
Le fait qu’en plus je fasse physiquement très jeune conforte les employeurs potentiels que je n’ai pas les épaules pour occuper les postes (je n’invente rien, c’est ce qui est ressort à chaque fois : le manque d’assurance); bref, une catastrophe… Et je peux vous dire que j’ai loupé une paire de postes à cause de ça, alors qu’en vrai, je sais que j’aurai pu les occuper sans problème. D’ailleurs, tous les postes que j’ai occupé relève du pur hasard et le seul que j’ai réussi c’était grâce à un entretien que j’ai réussi car j’ai été confrontée à un employeur APRES avoir passé une batterie de tests techniques, psychologiques pour révéler mon savoir-faire, savoir-être, mes connaissances et mes compétences… Du coup, il a su que j’étais apte AVANT de me rencontrer.

Paradoxalement, j’ai monté ma propre asso qui a cartonné pendant 6ans, je me suis battue pour mettre en place des actions autour du thème de l’homosexualité (sujet plus que tabou au niveau des Institutions), j’animais des réunions avec 54 adhérents, et rien ne m’arrêtait ; c’est d’ailleurs grâce à mon asso et toutes les retombées de mes actions que j’ai décroché mon 1er taf.
Au niveau pro, idem. Une fois que je suis dans la place : je n’ai aucun problème. Je sais faire mes preuves, prendre des initiatives, des responsabilités, tout ça. C’est d’ailleurs mon 1er employeur qui m’a dit que mon « apparence de petite fille timide et qui manque de confiance était ma plus grande force ». Et il avait raison… Je n’ai jamais eu d’approche « commerciale » (=agressive), jamais de relation dans la force. Toujours dans l’écoute, la mise en confiance. Les gens baissent automatiquement leur garde quand ils me voient débarquer avec mon physique d’ado… Et mon Dieu, qu’est-ce que j’ai pu obtenir des partenariats de fou. Des choses que même mon boss n’avait pas osé imaginer : « mais non, on est une toute petite radio associative, ils s’en foutent de nous ». Je revois encore sa tête quand je lui ramenais le contrat signé avec bien plus qu’on aurait pu espérer. Combien de fois aussi, j’y ai été au culot, à la dernière minute, juste parce que « il faut absolument ce putain de partenariat avant telle date ». Non seulement, j’ai tout eu, mais en plus j’ai récupéré les contrats « perdus »/ « bloqués » des commerciaux de la radio. C’est même marrant, car dès qu’il y avait des clients potentiels frileux, sur la défensive ou complètement braqués, on m’appelait à la rescousse… Mon approche faisait mouche systématiquement. Mieux, j’ai même réussi à passer responsable d’un magasin de cosmétiques au bout de 3 mois alors que c’est aux antipodes de ma formation (communication/événementiels – domaine culturel), juste parce que je me suis dépassée pour faire mes preuves et mon montrer que j’étais « capable », parce que je suis une bosseuse qui déteste faire les choses à moitié. Mais voilà, j’ai réussi par pur hasard à avoir un pied à l’étrier. Et c’est là le hic. Tant que je n’ai pas le pied à l’étrier, je me sens pas à la hauteur, je ne me sens pas pousser des ailes, je doute de mes capacités, j’ai peur de ne pas être en mesure d’y arriver.
Dans le même genre, j’ai animé des réunions, parler dans devant des amphithéâtres entiers, je me suis battue pour des projets, argumenté, ne me suis jamais laissé déstabiliser même par les pires manipulateurs/commerciaux et en plus, ai eu gain de cause. Mais pendant un entretien, impossible.
Un comble !
Bref. Une fois que je suis dans « la place », je n’ai plus aucun problème… Je le sais. Ceux qui me connaissent le savent, mais voilà, je suis incapable de le faire valoir, je suis incapable de me vendre car pendant ces foutus entretiens, je perds absolument tous mes moyens et ça n’est pas faute d’avoir essayé pleins de techniques différentes (même prendre à bloc de décontractants !) ! Pourvu qu’il sorte une question piège, et là c’est foutu… Aucune spontanéité, incapable de rebondir parce que j’ai peur de ne pas être à la hauteur, peur de ne pas être capable de remplir ma fonction correctement. Je bredouille, je bafouille, je bégaye. C’est foutu.
En même temps, je les comprends : quand tu as en face de toi quelqu’un incapable de s’exprimer correctement, complètement impressionnable, incapable d’argumenter, comment imaginer qu’en « réalité » elle est tout l’inverse ?
Du coup, je ne vois pas comment je vais pouvoir réussir à obtenir un poste qui me convient réellement : un poste dans ma branche avec les responsabilités qui me font rêver. Comment réussir à convaincre ? Comment réussir à leur montrer qu’ils peuvent me faire confiance ? Comment vais-je réussir à sortir du monde des « saisons » ?
J’ai ce sentiment d’être là où le vent m’a poussé (par hasard) sans jamais avoir été actrice de mes décisions professionnelles. J’entends par là que je n’ai jamais réussi à obtenir ce que je voulais réellement : occuper précisément tel poste, bosser dans telle société. Je suis tombée sur des opportunités auxquelles j’ai dit « oui », mais je n’ai jamais été actrice de mes choix professionnels, j’ai toujours répondu à la facilité car justement, je ne sais pas me vendre, et que j’ai peur de ne pas être à la hauteur de mes ambitions, peur de décevoir. Peur de me décevoir. Peur d’échouer. Je n’ai pas les « couilles » de me vendre et aller au devant de ce que je souhaite réellement.
La situation semble s’embourber encore plus, et le problème risque d’empirer car je n’arrive même pas à décrocher d’entretien, alors le jour où ça va arriver… ça sera l’horreur. Il y a en plus tellement de candidats pour un poste, que la pression est monstrueuse et que l’erreur est proscrite. Les employeurs ne s’emmerdent pas la vie avec des gens comme moi et se fient à leur seul et unique jugement : celui fait pendant l’entretien… Autrement dit, je ne fais clairement pas le poids devant des candidats qui eux savent se vendre (comme mon pote).
Je ne suis pas sortie de l’auberge !
Pour l’heure, je suis donc coincée dans un poste -certes à responsabilités- mais où je ne m’éclate pas, ou ça n’est « pas moi », pas ma vraie passion, ma vraie ambition, mon vrai « kiffe ». Ouais, sauf que là, pour le coup, j’ai les 2 pieds dans les étriers !
Ah, ce foutu sentiment d’infériorité, quelle merde !

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6 réflexions sur « Se sentir inférieur… »

  1. Ahlala, ce sentiment, je le connait bien!
    Je l’ai toujours un peu avec moi mais je réussi ) me dire, avant un entretien: et puis merde, tu donnes tout. tu as moins à perdre que si tu fais l’autruche!
    La dernière fois que je me suis dit ça ça à porté ses fruits, alors pourquoi pas toi?
    Courage en tout cas, je sais que tu peux le faire!

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    1. Arf, j’en suis pas encore là… Et si je me décide à tout donner, je tombe dans le « manque de modestie » (enfin, c’est l’impression que je me fais, et du coup, hop, je re-perds mes moyens…). Ce qui est débile, car à un entretien, tu es obligée de « vanter » tes mérites… La boucle est bouclée :-/
      Mais je ne désespère pas, je vais bien finir par y arriver un jour ! Bon pour l’heure, j’aimerai au moins avoir la chance d’avoir au moins UN entretien histoire de me « remettre » dans le bain… Et ça n’est pas gagné 😦
      Merci à toi ❤

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  2. Je comprend carrément ce que tu ressent. Perso dans la com j’abandonne, en 2 ans, 400 candidatures, 2 entretiens et rien… Je suis en réorientation, la com j’en ferais sur mon blog et pour mon asso. En tout cas bon courage à toi!

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    1. C’est exactement ça. Dernière offre : 163 postulants… j’étais la 164ème. Donc avant que le gars ouvre tous les CV, je pense qu’il aura déjà trouvé quelqu’un qui lui convienne.
      Tu te réorientes dans quoi ?
      J’envisage aussi la reconversion, mais le financement est cher (5000 euros) et Pole Emploi refuse ; tout comme les autres organismes (d’ailleurs ils m’ont même refusé des formations pour des spécialisations dans la communication!) On m’a conseiller de biaiser en tournant mon dossier en « création d’entreprise », alors je bûche dessus, mais c’est compliqué car c’est un « nouveau » métier, reconnu dans son secteur, mais assez inconnu du « grand public ». Du coup il faut beaucoup argumenter à défaut d’avoir des chiffres…. Bon courage à toi également !!

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  3. Tu as pensé à aller voir un psychologue ? Souvent les gens ont une mauvaise opinion, se dise intérieurement que c’est « pour les « fous » », mais peut-être qu’il parviendrait à mettre le doigt sur la cause de cette peur et à t’aider à la surmonter ?

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