Accepter et pardonner

01931«La rancune est une perte de bonheur ; ris lorsque tu peux, excuse-toi lorsque tu devrais et laisse aller les choses que tu ne peux changer», source inconnue.

J’avais d’abord prévu un coup d’gueule sociétal, et puis finalement, avec un peu de bon sens, je me dis qu’il ne faut jamais publier sous le coup de la colère. Alors, j’ai pris sur moi et me suis ravisée. Le petit billet fait gentiment sa p’tite sieste dans la liste interminable de mes brouillons, mais je vous promets qu’il viendra sous peu, quand il sera bien mûr.

A défaut donc de ce futur moment épique, j’avais envie de partager avec vous un moment plus « intime », tout autant épique : vous faire rentrer dans ma vie familiale.
Ahah, j’ai entends jusqu’ici ton petit cri « oh putain ». Ne fait pas semblant, j’ai bien entendu : tu le sais donc d’avance, ça risque d’être chiant et à vrai dire, tu auras très probablement raison ! (mea coulpa, je m’auto-fouetterai pour la sentence que je vous inflige). Promis c’est la dernière fois que je fais ça, mais mon besoin d’exutoire là, est beaucoup trop fort.
Résumons donc.

Ma famille c’est simple comme bonjour: les sentiments c’est tabou.
Qu’on le dise clairement, les petites fées de la communication et de la démonstration étaient probablement bourrées à chacune de nos naissances et on dû viser le berceau plutôt que les bébés.
Pour illustrer la chose, dites-vous que jusqu’à mes 11/12 ans, je me sentais tellement l’âme familiale que je traduisais ce manque d’expression sentimentale en vouvoyant mes grands-parents… Ça en dit long sur la question.
Je vous rassure, cette période m’a passé, bien que nous ne sommes pas pour autant rentrés dans des relations fusionnelles, mais des relations que je qualifierai de « basiques » voire « cordiales » : bonjour, merci, au revoir, bonne année, joyeux anniversaire. Je vous rassure, j’ai quand même de très bons souvenirs avec ma famille, mais le ressenti général reste ce sentiment de « distance », de pudeur poussé à son paroxysme.

Et puis il y a eu « ce » jour.
Le jour où ma maman a décidé de partir, et qui a aussi marqué l’implosion de cet équilibre familial précaire. Voilà c’est dit. A l’âge où l’on est censée découvrir la vie, moi, j’ai découvert la mort. Mais pas la mort naturelle, ni accidentelle : la mort volontaire. Et par la même occasion, j’ai découvert les tréfonds familiaux : l’incapacité de parler ou de prendre sur soi pour aller vers l’Autre. L’incapacité à verbaliser, mais la forte propension à s’enfermer dans sa bulle.
C’est précisément à ce moment-là que j’ai foutu un gros coup de tronçonneuse dans mes rapports familiaux mais aussi que j’ai construit un mur en super béton armé entre le monde et mes sentiments. Une barrière infranchissable.

En fait, son départ n’a été que le révélateur. Le problème sous-jacent était bien antérieur….
Déjà, il est des traditions, qui dans certains, ne demandent qu’à être transgressées : les jeunes doivent prendre des nouvelles des plus vieux. Or, dans une période comme je l’ai traversé, j’estime que c’est l’inverse qui aurait du se passer. C’était à eux, pour une fois, de venir vers moi. Pourtant, personne, absolument PERSONNE n’a daigné m’appeler, prendre des nouvelles…
Rien.
Le silence.

Avec le recul, j’interprète cela comme le « poids de la culpabilité ». Moi qui plusieurs fois les ai contacté pour demander d’intervenir car la situation m’échappait.
Vous rappelez vous vos paroles à ce moment là ? « mais t’es qu’un gamine, c’est pas à toi de gérer ça ».
C’est sûr, ce n’était pas à moi… mais personne d’autre ne l’a fait, ni ne s’en est plus inquiété, et je n’allais pas laisser ma mère sombrer. Alors j’ai « géré » comme j’ai pu pendant plus de 2 ans.

C’était loin d’être parfait. Mais j’avais 15 ans quand tout a commencé. Et à 15 ans normalement, on ne s’occupe pas de ces choses là. A 15 ans normalement, on prend ses 1ères cuites, on fricote dans la cours, on sèche, on rigole, on va au ciné.
A 15 ans, on n’est pas censé avoir peur de rentrer chez soi et retrouver le corps de sa mère inerte. A 15ans, on n’appréhende pas les week-ends parce qu’on est totalement sous le joug de son humeur incontrôlable. Tantôt joyeuse et la minute d’après en pleur et voulant mourir. A 15 ans, on n’est pas censé voir sa mère ivre morte, t’insulter, être violente et t’obliger à te cacher pour contacter ton père, sous prétexte que parler à mon père est devenu un crime de haute trahison. A 15 ans, on n’est pas censé non plus passer 50 000 coups de fils pour trouver des solutions ni passer le plus clair de son temps à tout contrôler, espionner : compter le nombre de cachets pour éviter les overdoses, vider les bouteilles d’alcool mais pas trop pour ne pas se faire « gauler », vérifier le kilométrage pour savoir approximativement où elle « traine » si jamais il arrive une merde, contrôler les chéquiers pour être sûre qu’il n’y a pas d’abus…
217Non à 15 ans, c’est les parents qui sont censés gérer ça, et sur ça ma famille était d’accord. Pourtant, j’attends encore que quelqu’un prenne le relais, que quelqu’un agisse plutôt que d’entendre un simple « ce n’est pas à toi de t’en occuper ».
J’attends encore que quelqu’un accepte de m’écouter et comprenne mon « je n’en peux plus », et accepte ma requête la plus simple, et qui aurait été aussi la plus pertinente : mettre ma mère dans une maison de repos.
Mais non. Rien. Idem quand j’ai appelé à l’aide son entourage bien que j’ai retrouvé dans ses affaires toutes les « preuves » de ses intentions morbides. Ma mère était devenue l’ombre d’elle-même, mais moi, la « gamine » fabulait forcément. Alors, j’’ai vécu seule avec elle jusqu’à la fin. Seule face à ses démons, seul face à son naufrage. Seul et complètement impuissante.

A sa mort, j’ai vu des choses et en ai entendus d’autres qui ont fini de m’achever ; par exemple, se voir engueuler parce qu’on n’a pas mis la table le jour de son départ… je regrette, mais avec toute la politesse et le respect que j’ai, ce n’était pas à moi de faire ça ce jour-là… même si j’étais la plus jeune.
Il y a des événements qui remettent en cause les ordres établis.
Comme, dans le même ton, ce n’était pas à moi de les appeler en premier…. Même si j’étais toujours la plus jeune.
Alors oui. Quand après, j’ai encore attendu les appels pour prendre des nouvelles, les paroles réconfortantes, et que rien ne s’est passé, oui, j’ai mis un énorme holà dans ma vie. Vous avez tous interprétez ça à votre façon : je suis sauvage, solitaire, pas famille, celle qui donne jamais de nouvelles, voire je suis impolie. Pourtant, je n’attendais pas des grands discours. Je n’attendais pas des déballages de sentiments. J’attendais juste un « bonjour, je suis là ». Rien de plus.

La césure s’est faite et n’a eu de cesse que de prendre une ampleur tristement monstrueuse.
Le poids de leur culpabilité , leur tristesse (de ne pas avoir réagi à temps ? de ne pas m’avoir cru ? de ne pas avoir mesuré l’ampleur de sa dépression ?) les a rongé. Le tabou s’est engouffré dans la famille. L’interprétation et le jugement n’ont fait qu’accentuer ces incompréhensions.
Vous étiez probablement mal à l’aise…

Que devrais-je dire ?

Le temps a passé. Le poids de votre culpabilité a nourri ma rancœur et entretenu le poids de ce tabou.
Je me suis braquée : je n’ai pas à porter votre culpabilité, ni votre tristesse. J’ai suffisamment à faire avec les miennes.
Alors, j’ai fait ma vie. Je me suis démerdée. Je n’ai jamais plus demandé d’aide quitte à en chier. J’ai rebondi. J’ai fait des conneries. J’ai appris, et tout ça dans l’ombre de vos reproches et vos jugements.
Mais j’en voulais toujours à mon père d’être parti ; je refusais de voir sa « nouvelle » compagne qui pour moi était de toute façon une connasse. Je lui en voulais à elle aussi. J’ai coupé les ponts avec beaucoup de monde. Je leur en voulais tous de ne pas m’avoir cru/entendu, et de ne pas avoir été là « après ».

Plus tard encore, je suis rentrée en conflit ouvert avec certaines personnes. Motif ce coup-ci : je suis homosexuelle. Bien mal leur en a pris. Je ne culpabiliserais jamais pour ça. Je ne changerai jamais pour rentrer dans leurs cases.

Mais voilà, pour reprendre une citation, je dirais que la rancœur obscurcit le passé, menace l’avenir et rend le présent inaccessible.
Et mes valeurs sont plus fortes.

Je n’aime pas le conflit. J’exècre la rancœur. Tout ça ne mène nulle part. Nous n’avons qu’une famille. Et je suis malheureusement bien placée pour savoir que d’un jour à l’autre tout peut basculer. Et sans langue de bois, je peux affirme que le poids des regrets est monstrueux, destructeur et contre productif.

«Pardonne à ceux qui t’ont fait du mal dans le passé; mais surtout, pardonne-toi pour les avoir laissé te blesser»

Je suis rentrée dans le bénévolat. J’avais besoin d’aider les autres, comme pour expier mes démons. Ma culpabilité de ne pas avoir su l’aider. J’ai rencontré énormément de gens… qui m’ont expliqué ce qui les a poussé à intenter à leurs jours. J’ai rencontré des professionnels qui m’ont expliqué les processus, le raisonnement des personnes en dépression majeure. Ils m’ont expliqué les tentatives, les passages à l’acte, le choix de la façon de partir, le cumul de facteurs. Ca a été dur, très dur et ça a réveillé énormément de choses, mais j’ai aussi compris énormément de choses…. Et ma culpabilité a rendu l’âme. Je n’étais en rien responsable et surtout je n’aurai pas pu l’éviter. Au mieux, j’ai probablement dû repousser l’échéance, c’est tout.

Alors, je me suis timidement rapprochée de mon père. Petit à petit, avec beaucoup de hauts et de bas. Je sais qu’il est encore rongé par la culpabilité. Je le sais, je le vois. Je l’entends à travers ses mots. Il sait que je sais et même si il ne le verbalise pas encore, il me l’écrit maintenant… Certaines choses ont été dites. Certains abcès ont été crevés. Et lui qui, par exemple, a mis du temps à assumer mon homosexualité par honte/peur, est maintenant le 1er à me défendre à ce sujet.

J’ai « accepté » ma belle-mère. A mon rythme. On ne contrôle pas ses sentiments, on contrôle ses choix : elle a certes, merdé en acceptant une relation avec un homme marié… mais voilà. Ce genre d’histoires arrivent tous les jours, et l’issu n’est que rarement aussi dramatique. Qui n’a jamais cédé ? Qui n’a jamais « craqué » sur quelqu’un pris ?
0092-copieElle reste une femme, elle est humaine. Elle a fait une connerie (partagée avec l’accord de mon père), mais ils ne pouvaient en aucun cas contrôler et anticiper une réaction aussi ultime. Qui aurait pu ? La situation à échapper au contrôle de tout le monde. Pourquoi en serait-elle plus responsable que les autres ? Quoiqu’il arrive donc, elle n’est pas responsable du choix de ma mère. Et, je peux même dire maintenant que je la connais qu’elle aussi porte cette culpabilité.
Et puis, j’ai moi-même vécu l’infidélité… ça qui m’a fait comprendre beaucoup de choses. Ma mère a choisi l’issue extrême. Moi non. J’ai aussi découvert beaucoup de choses, notamment que ses pulsions morbides remontent à beaucoup plus loin dans le temps. Bien avant tout ça, juste après ma naissance en fait… et je reste donc aussi persuadée que ça serait arrivé à un moment ou à un autre.
L’histoire avec mon ex a également joué un rôle « positif » dans tout ça. Ca a donné un écho au passé… Ainsi, en impliquant mon père et ma belle-mère dans toute cette histoire d’infidélité (ici), mon ex a permis a certains sujets d’être mis sur la table. Et contre toute attente, c’est bien mon père et ma belle-mère qui m’ont aidé à rebondir. Un comble non ? Je pense d’ailleurs que mon déclic envers ma belle-mère s’est réellement fait à ce moment là. Ce jour où elle est venue dans ma maison, partiellement détruite par mon ex, et qu’elle s’est effondrée en me demandant comment j’allais faire pour m’en sortir. Sa réaction a été tellement spontanée. Tellement humaine. Comment aurai-je pu croire à ce moment qu’elle était une conasse, une femme sans cœur et que ces actes étaient délibérément fait pour faire du mal ?
Et puis, je dois lui être reconnaissante d’une autre chose : elle a respecté mon cheminement contrairement à ce que beaucoup de belle-mère ont fait. Elle a respecté mes silences, ma froideur vis-à-vis d’elle. Elle ne m’a jamais fait de quelconques réflexions et n’a jamais, dans ces gestes ou paroles, tenté de quelques façons que ce soit, de jouer un rôle de « remplaçante » ou même de « belle-mère ». Il m’aura fallu plusieurs années pour m’en rendre compte et surtout l’accepter.

Bref, j’ai fait mon petit bonhomme de chemin. Mais ma famille ne se résume pas à mon père et ma belle-mère…

Avec le recul, je me demande finalement comment une famille peut-elle se déchirer pour des conneries alors que nous, nous avons surmonté « ça »? J’entends des histoires, des conneries qui m’exaspèrent : machin parle plus à truc, bidule fait la gueule à machin chose pour une histoire de chien, de meubles, de repas et autres broutilles.
Comment est-ce possible de se déchirer pour autant d’idioties ?

pardoncitationJe ne veux plus de ça. En tout cas à mon niveau.
Du coup dans mon élan utopiste, j’ai eu l’idée de créer un album photo participatif pour l’anniversaire de mon père. L’occasion de taper fort, l’occasion de tendre une perche et surtout, l’occasion de reprendre contact avec certains…
Le 1er pas est toujours le plus dur et pourtant… c’est le plus salvateur.

J’ai demandé la participation de mon grand-père… qui a été le 1er a accepter, et qui avec un peu d’aide est parvenu à lâcher du leste et se dévoiler un peu.
J’ai contacté mon parrain, à qui je ne parlais plus depuis des années. Lui aussi a accepté. J’ai contacté ma cousine… qui a accepté… etc.
Ce fût une demi-réussite car certains, sous couvert d’excuses « bidons » – une fois de plus- n’ont pas voulu. Tant pis pour eux… J’ai tendu une perche. Tu ne l’as pas saisi, je ne vais pas te supplier pour ça. Votre conscience vous appartient, mais je respecte aussi le fait que ce 1er pas soit difficile. Cela dit, et contrairement à vous, je suis et serai là, le jour où… où vous changerez d’avis.

De mon côté, j’ai écrit une lettre brute de décoffrage à mon père. Je n’ai plus envie de garder certaines choses pour moi et il est, à ce jour, la seule personne avec qui je peux parler de certaines choses. En revanche j’ai respecté sa difficulté à verbaliser oralement… Alors j’ai opté pour l’écriture. Et puis, les écrits restent, et j’aime beaucoup cette idée.
Cette lettre j’ai voulu faire lire à ma chérie pour correction (et aussi pour qu’elle en sache). Elle n’a jamais réussi à la finir et j’ai bien mis 1h pour qu’elle arrête de pleurer. Bref. J’ai vraiment tapé fort.
Résultat aujourd’hui, mon père, même s’il ne le dit pas encore, m’écrit très souvent qu’il m’aime. D’ailleurs à Noël il m’a offert une carte avec un poème. Certes, pas de lui, mais un poème magnifique et qui pour moi vaut tous les cadeaux du monde. D’ailleurs, elle trône en plein milieu du salon. Alors oui, il ne verbalise pas encore, et il faudra probablement du temps. Mais je respecte, et je n’essaierai pas d’aller « plus vite que la musique ». On a chacun nos expériences et notre vécu. Pour certains cela va plus vite, pour d’autres non. Mais en revanche, je lui suis reconnaissante de ce 1er pas. Mon père qui ne parlait pas ou peu, maintenant m’appelle… On parle de tout et rien, mais c’est une grande nouveauté. On se voit très régulièrement. Il a rencontré mes ami(e)s/potes. Bref, il y a eu énormément de changements.

Il y a quelques jours, j’ai fêté mon anniversaire. Soyons honnêtes, c’était pour moi un peu le « test » : mon parrain a-t-il compris que je lui avais tendu la main ?
Je n’y croyais franchement pas. Les heures ont passé. Tant pis. Pourtant, à 22h35, contre toute attente j’ai reçu un message de lui : « après de nombreux loupés de ma part (…) je suis là si un jour tu as besoin ».
Et je suis comblée.
Il faudra probablement du temps, mais le 1er pas est fait. Des 2 côtés.

Idem, j’ai envoyé des cartes avec mes vœux à certaines personnes… et étrangement tous ont répondu.

J’ai ouvert les vannes à mon niveau. J’espère que cela perdurera et surtout s’étendra. J’espère aussi que cette démarche, je ne serai pas la seule à la faire (?).
Avec un peu de recul, en analysant tout ça, j’ai vraiment ce sentiment qu’il manque un déclic dans cette famille (et dans beaucoup d’autres !)
Tout le monde sait, tout le monde veut, mais personne n’ose. Tout le monde s’est retranché dans ses croyances et n’arrivent plus à sortir de son mutisme, alors qu’il suffit de si peu…
Mais rappelez-vous : « Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles. » (Sénèque). Et c’est tellement vrai…

Et puis, que l’on soit clair : je ne veux pas que mes (futurs) enfants pensent que dévoiler ses sentiments est une faiblesse. Je ne veux pas qu’ils vivent dans un climat de non-dits, de « peurs », de honte. Je ne veux pas qu’ils souffrent, comme j’ai pu en souffrir, de ce manque de mots qui créent finalement tant de maux.
Je ne veux pas non plus qu’ils pâtissent de la culpabilité trans-générationnelle lié au départ précipité de ma mère, ni qu’ils vivent dans ce climat de « honte » qui plane autour de son geste.
Je veux qu’ils sachent. Qu’ils comprennent. Alors, je leur expliquerai, avec des mots d’enfants au début, puis d’adulte ensuite, mais JAMAIS je ne mentirai sur ce qu’il s’est passé. Jamais.

Ma mère a fait un choix malheureux – le pire des choix – mais mes enfants ne vivront pas dans le poids d’un « secret familial » et c’est ma famille à ce moment-là qui sera bien emmerdée… Alors oui, il y aura forcément des questions sans réponse, notamment le « pourquoi ». Il y aura des questions plus dures que d’autres. Il y aura des pleurs et des rires, mais je ne renierai pas mon passé qui a fait ce que je suis aujourd’hui.

Bref. On n’a tous nos démons. On a tous eu des tords et des regrets dans cette histoire, mais je peux le dire maintenant : j’ai pardonné. Et bien que le pardon n’enlève rien à la douleur, je peux le dire : pardonner libère, mais surtout, je préfère vivre dans l’Amour que dans la rancœur.

Et à la question : « mais comment peux-tu pardonner à ces personnes ? »
A ces personnes je réponds (et répondrais) simplement :
Donnez-moi une seule raison de ne pas le faire ?

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8 réflexions sur « Accepter et pardonner »

  1. ton billet m’ a bouleversé. je ne sais même pas vraiment quoi te dire car tu as dû traverser tellement d’ épreuves…et tes perches tendues sont si touchantes, les réponses que tu as eu le sont tellement aussi… Je ne te connais absolument pas, mais tu sais, tu peux etre tres fière de toi.

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    1. Fière je ne sais pas si c’est vraiment le bon mot, mais en tout cas, je suis maintenant en accord avec mes valeurs et ma conscience. Le chemin n’en est qu’au début et j’espère réussir à le poursuivre. Ça ouvre tellement de portes sur le futur… Et sincèrement, même si c’est très loin d’être facile, je me suis libérée d’un poids énorme. C’est vraiment un sentiment très particulier, mais un sentiment bien plus agréable à vivre et tellement plus fédérateur et plus positif.
      Merci à toi pour tes mots 🙂

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  2. je suis stupéfaite ! Tu m’as scotché par ce billet tellement émouvant, beau, criant de vérité. Tu semble si fragile et si forte à la fois. Je suis très admirative. Et en même temps je ne trouve pas vraiment les mots pour te l’exprimer et ce n’est pas de compassion dont tu as besoin mais de compréhension et de soutien. Alors oui on ne se connait pas, même si le fait de lire nos blogs nous en apprends un peu plus sur les uns et les autres, mais on est là si tu as besoin de parler, de crier, de rire et même de pleurer. Ouais et alors me diras-tu peut-être… bah au moins tu la sais. Bravo pour ce texte qui m’a émue aux larmes. Tu dois être une personne formidable. ❤ ❤ ❤

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    1. Bien cernée. Je suis fragile, mais c’est aussi ça qui fait ma force.
      Le but de ce texte était de faire comprendre certaines choses. De faire comprendre qu’on peut faire d’une fragilité une force, que de rester dans la rancœur finalement n’amène strictement nulle-part et n’apporte rien d’autre que de la tristesse (et plus généralement que du négatif) pour les autres et envers soi-même.
      Et quand je vois tout ce qu’il se passe en ce moment, je me dis que beaucoup prenne pourtant cette triste voie sans issue… Après, je ne dis pas que le chemin est facile, loin de là, mais il est possible. Il faut croire en l’Amour et tout ce qu’il y a de positif plutôt que l’inverse, et même si ma phrase fait très « pays des bisounours », moi, j’y crois très fort.
      Merci d’être là et au plaisir de te découvrir un peu plus à travers ton blog ❤ ❤ ❤

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  3. Bravo pour ton courage d’avoir osé mettre les mots sur tout ça. Et pour le courage que tu as du développer pour survivre à tous ces obstacles au bonheur et à l’équilibre. Ton message est très touchant.

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