Mais pourquoi cette maison ?

941v01L’heure est venue pour le petit billet dominical… j’ai une amie qui cherche à acheter dans l’immobilier, et naturellement elle m’a demandé : comment c’était passé l’achat de ma maison et pourquoi cette maison ? Pourquoi là (sous entendu le trou du cul du monde) ? Pourquoi si jeune ? Le sujet était tout trouvé !

Alors pourquoi ?
Parce que j’en ai toujours rêvé pardi !

Quoi, comment ça, ce n’est pas une réponse ?!??
Bon, allez je vais préciser un peu.
Alors oui, bizarrement, j’ai toujours rêvé de retaper une maison : la faire à mon goût, y bosser, y suer (s’y arracher les cheveux aussi mais ça ça faisait pas trop parti du rêve à vrai dire), la « modeler » à sa convenance et l’adapter à sa vie, ses envies. Bref, lui donner sa « patte » perso.

Les travaux qui restent à faire dans mon bouiboui me donnent certes le vertige, mais je sais que c’est à moi, quoiqu’il arrive. J’ai cette stabilité.
Cette « sérénité » au final. Et ça aussi ça a grandement fait parti de mes motivations…. Et oui, je sortais d’une relation de 7ans. Tout était beau, tout était rose… des projets plein la tête : une maison (on cherchait à faire construire), des enfants (on avait commencé les démarches), changer de taf (j’étais en train de faire les démarches de rupture conventionnelle pour en changer). Et VLAN. Plus rien. J’peux le dire aujourd’hui, en 24h, ta vie peut complètement basculer.
Et là, je me suis dit qu’à 25 ans je n’avais rien, aucune stabilité, quedal. Le plongeon dans le vide. Je me suis retrouvée en cours de rupture de contrat pro, à chercher un appartement mais sans savoir où, avec le préavis qui courrait dangereusement… Bref. Le cauchemar.
J’ai imaginé le pire : et si j’avais eu des enfants à ce moment là ? Et si je n’avais pas de boulot et si… et si. Il me fallait trouver un appartement en moins de 15jours…. Re-déménager une énième fois (au moins la 20ième de ma vie !). Et puis, si je retrouve quelqu’un et que cela arrive à nouveau ?
Bref. Tout ça m’est tombé dessus comme ça, sans prévenir. Je me suis fait peur… et je me suis dis : plus jamais. Maintenant JE fixe les règles : je ne ferais plus tout en fonction de quelqu’un, je ferai toujours des compromis c’est évident, mais j’imposerai aussi certaines choses.
Et c’est là que je me suis lancée dans la recherche d’une propriété. D’ailleurs, je crois que le fait de me concentrer sur cette recherche m’a évité de sombrer : je faisais quelque chose qui me motivait plus que tout, j’étais concentrée, à fond, le cerveau occupé, et surtout je faisais quelque chose pour moi… avant de penser aux autres. Quelque chose d’assez exceptionnel, et finalement assez grisant où tes choix t’appartiennent à 100%.

Franchement, c’était loin d’être gagné…
Pour savoir combien je pouvais emprunter, j’ai été voir ma banque qui m’a ri au nez. Je leur ai dit au revoir après 15 ans de loyaux services. J’ai été voir une concurrente qui m’a dit OK mais qu’il me fallait un CDI en plus des 15500 pièces justificatives à adjoindre à mon dossier. Rien n’était gagné, mais je suis tombé sur un p’tit vieux qui était à fond pour aider les jeunes qui se bougeaient…
Du coup, j’ai été voir mon patron… je lui ai expliqué… On avait prévu une rupture conventionnelle (je voulais de toute façon changer de département), mais il était OK pour me passer en CDI 3 mois le temps que je trouve une maison et signe. Et je l’en remercie car c’était une petite association qui vivait de subventions…. Autant vous dire qu’un CDI, ça leur coûtait TRES cher et sans ça, je serai toujours locataire.
On a donc signé un CDI qu’on a rompu dans les formes 2 jours après que j’ai les clefs en main propre. Message aux banques : vous voyez qu’un CDI ne veut pas forcément dire grand chose !
En revanche, ma banque bien sûr n’était pas au courant, mais moi, sachant que j’allais devoir chercher un travail, j’ai pris le crédit le plus long possible pour avoir les mensualités les plus basses pour ne pas me retrouver dans la mouise, avec dans l’optique, le jour où je retrouve une situation suffisamment stable, de revoir mon crédit pour le raccourcir et monter les mensualités.
Après coup, je peux vous dire une chose : heureusement que j’ai fait ça… Et puis de toute façon, quand j’ai acheté, je n’avais que 25ans…

Dans la foulée, j’ai dû déménager de l’appartement avec mon ex (qui d’ailleurs n’a pas payé ses 2 derniers mois de loyer et que j’ai donc du raquer), j’ ai trouvé une location provisoire, à 100km de mon taf et 100 de la zone que je « visais » dans mes recherches… J’ai déménagé en pleine semaine, mes potes bossaient ou étaient trop loin, sans compter tous ceux qui m’ont tourné le dos suite à la rupture. Bref, j’ai déménagée seule : location de camion, chargement etc. Et j’peux dire que ça à largement confirmé mon envie, pour une fois, de penser à ma gueule avant les autres.
Concernant les visites de maison, j’ai connu mes premières déceptions, premier claquage de porte. Avec mon budget et mes critères c’était selon eux infaisable. Mais j’étais sûre que c’était possible. Je n’avais pas 15000 critères, juste un : un jardin/cours, peu importe la taille. Et oui, j’ai 2 chiens… Louer un appart’ OK, mais inconcevable pour moi d’investir si c’est pour me retrouver sans extérieur. Surtout dans le sud !
J’dois avouer que dans ces moments là, t’as quand même des gros moments de doute, surtout quand tu es seule. Y’a des jours où tu y crois à fond, et d’autres où tu te dis que de toute façon ils ont raison : je suis folle et c’est impossible.
J’en ai visité des maisons j’vous le dis. De mémoire, une tous les 2 jours pendant presque 2 mois. J’en ai vu des vertes et des pas mûres. Pareil pour les agents immo : des gros gigolos aux plus pro… Et oui, sous prétexte d’un budget très serré, ils se croient obligé de vous proposer des maisons … inqualifiables. Je ne suis même pas sûre qu’ils aient le droit de proposer ce genre de bien à la vente… Et puis niveau « professionnalisme », il faudra repasser : entre le mec qui oublie les clefs de la maison à visiter à celui qui t’appelle une fois que t’as fait les 100bornes pour te dire « je viendrais pas, j’suis malade », ou celui qui te dit « on peut y aller avec votre voiture? ». Bref, je suis tombée sur des mecs tellement chelous que j’embarquais un de mes chiens dans la voiture à chaque fois…

Et puis un jour, un 1er coup de cœur, non, coup de foudre sur une maison. Pour le coup, il y avait tout ce que j’aimais : une cours avec vue imprenable (photos), une maison grande, tout en pierres et poutre apparentes, une salle de bain refaite à neuve avec vasque et baignoire, 2 chambres, et même 2 greniers indépendants (en dessous de la maison, dans la roche de la montagne). Un de 40 et l’autre 50m²… Les 2 aménageables pour en faire 2 appartements distincts….
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Malheureusement, le propriétaire était largement au-dessus du prix du marché ; l’agent immobilier me l’a confirmé et c’est d’ailleurs parce qu’il pensait une négociation possible qu’on a été la visité. On a donc « tenté »… Mais le propriétaire a refusé. Ça a duré 3 semaines. J’ai fait –je crois- TOUTES les banques. Mais ça ne passait pas de ce coté là non plus.265685
Le gars n’était pas pressé ; il ne fera aucune concession sur le prix et préfère attendre, même longtemps, que de baisser quoique ce soit. Il a même dit à l’agent qu’il y aurait bien un pigeon étranger qui payera le prix demandé… De mon coté la banque, même avec 2 potentiels locations futures (greniers) a refusé.
Déception.

Le hic quand tu as un coup de cœur, c’est que tout ce que tu visites après est forcément… nul, sans intérêt, à chier. Ce n’est pas pareil et tu ramènes tout à la comparaison.
Ma motivation a pris un sacré dans l’aile… De là, toutes les maisons visitées étaient nulles, moches, pourries. J’allais visiter pour visiter, mais je savais que ça ne me plairait pas. J’ai augmenté le rythme : 2, 3 maisons tous les 2 jours. Je passais ma vie sur les routes avec mes chiens dans la voiture.
Un mois et demi passe à ce rythme effréné. Et je commence à me résoudre au fait que être propriétaire ça n’est pas pour moi. En tout cas pas pour tout de suite…. On est en Mars. Je diminue sérieusement le rythme des visites et impose maintenant des critères de ouf… et je commence à me renseigner sur l’investissement locatif. Acheter OK, mais pas pour moi… au pire ça me fait rentrer un peu d’argent tous les mois si je me débrouille bien.
Je visite les maisons dans ces 2 optiques sans plus trop savoir où je vais et pourquoi. Du coup, rien ne me convient : pour louer ? pour moi ? C’était quoi mon objectif de départ ?
Et puis fin mars, je suis appelée pour une maison à perpète les oisillons. Bof ok. Envoyez une photo/descriptif…
Et je reçois ça :
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Bizarrement à la photo, j’ai su. Me demande pas pourquoi. La photo m’a juste fait craquer : le contexte, la petite maison, la nature. Je ne pourrai l’expliquer. 3 secondes après, sans lire le descriptif (bravo!) j’appelais : je veux la voir !!!
Vu que j’avais vraiment eu un coup de cœur sur la photo, j’ai tout de suite eu peur de la déception, donc je me suis dit : c’est la dernière que je visite. Après je passe en mode « investissement locatif ». Je n’avais donc absolument rien à perdre.

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Qu’on se le dise, cette maison au départ était aux antipodes de ce qui me faisait rêver. Mais vraiment : vitrage simple façon vitrail, des murs à fleurs, une cuisine vert bouteille et orange DDE, une chambre rose à fleur verte et sol bleu, un couloir avec un sol PVC orné d’un magnifique… bonbon en PVC(?), un salon avec un mur à motifs vert caca d’oie tout vilain et… moisit. Couloir (2)Le mur du couloir orné d’une fresque représentant des raisins, une salle de bain complètement absurde : se laver les mains en ayant les pieds dans la douche, ça reste pourtant assez invraisemblables, surtout avec pas moins de 11 carrelages dedans, un jardin digne d’une forêt plus que d’un jardin Et le mieux de tout : elle était hors budget.

Bref. Les probabilités pour que j’aie un coup de cœur étaient… improbables.
Et pourtant, en y mettant les pieds, je m’y suis sentie… chez moi. Sereine. Apaisée.
Je m’y suis toute de suite projetée : là il y aura la cuisine, là le salon, le canapé, la TV là. Hop ici un petit hamac, là le barbecue. Ce mur et celui, hop, ça dégage, là, telle couleur, là, tel carrelage. Non seulement j’étais chez moi, mais je projetais déjà le comment j’allais la transformer…
A vrai dire, tout s’est fait sur un ressenti… D’ailleurs, quand je visitais une maison qui était susceptible de me convenir, j’allais toujours visiter le village, regarder sur Internet ce qu’il y avait autour etc. Là, rien. La maison en elle-même m’a fait craquer. En rien, elle n’était comparable à mon 1er coup de cœur… mais j’y ai vu des points positifs que l’autre n’avait pas : jardin beaucoup plus grand, l’accès au village (l’autre était perchée sur une colline avec des routes en lacets interminables, plain-pied).
Gros hic. Elle était à 40K€ au-dessus de mon budget….
Oui 40K€, madame.

Je suis rentrée. Avec les travaux, les estimations en ligne et le nombre de visites effectuées je savais qu’elle était bien au-dessus du prix du marché, mais aussi du prix « en l’état ».
J’ai rappelé l’agent et j’ai fait une proposition… 40k€ en moins. Il m’a dit que j’étais irréaliste et qu’il était bon commercial mais pas de là à casser 3 pattes à un canard.
Je lui ai fait son argumentaire : j’ai passé une partie de la nuit à rédiger un mail du pourquoi autant en moins. La copie des estimations en ligne, la liste des travaux, les prix estimatifs, bref. La totale.
J’étais détendue. Je ne m’attendais à rien, du moins j’essayais d’être raisonnable… car 40K€ c’était surréaliste, j’étais la 1ère à le savoir. D’ailleurs je cherchais déjà des produits pour l’investissement locatif…

Le lendemain il m’a appelé : « vous m’avez rendu exceptionnel ».
Je n’ai pas compris de suite. Aucune réaction. Il a du me prendre pour une débile. Du coup, pendant 10 minutes il a essayé de me convaincre que oui ça avait été accepté.
Je ne savais pas si je devais rire, pleurer, le croire ou pas.
On s’est revu et il m’a expliqué que cette maison appartenait à un monsieur antillais qui la louait. Ce monsieur était décédé… et sa femme et ses enfants ne voulaient plus de cette maison car ils ne voulaient pas s’occuper des futurs locataires, ni même que la maison pourrisse des années en étant inhabitée. Autrement dit, ils étaient pressés de s’en débarrasser…

Avril, je signais mon compromis. S’en est suivi pas mal de merde : le volcan Eyjafjallajökull qui fait des siennes (tu conviendras quand même que c’était le truc improbable!) et fout le bronx dans les avions et donc dans le courrier, j’arrive à avoir tous les papiers en temps et en heure par un miracle…
ma voiture déclarée épave la veille de la signature, des problèmes de papiers à cause de l’héritage de la famille vendeuse pas terminé et qui remette en question la vente de la maison une semaine avant (j’avais déjà posé mon préavis!).
Mais finalement, le 1er juillet 2010, j’entrais pour la 1ère fois dans la maison en tant que « propriétaire ». Ma maison.
Et malgré toutes les galères qui ont suivies, vous savez quoi ? Je n’ai aucun regret…

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