Réapprendre à vivre ?

dreamstime_xs_25570440_liberteVoilà ma leçon du moment : réapprendre à vivre, à m’organiser, à gérer, à apprécier les petits bonheur –quels qu’ils soient– de la vie, claquer la portes au nez à mes démons.
Ca n’a l’air de rien, mais passer d’un emploi où :
– Tu te fais du 11h/jour en moyenne pendant 3 mois de l’année – excluant ainsi toute vie sociale/affective/familliale
– Que les 3 autres mois, tu ne bosses que les week-ends
– Que les 6 autres mois, tu es au chômage
– Que tu n’as absolument AUCUN planning, aucune horaire fixe (vu que tu ouvres et restes ouvert en fonction de la fréquentation de la rue)
– Que ton salaire n’est pas fixe : 3 mois de jacpot, 3 « normaux » et 6 d’allocation
– Que tu n’as pas de pause (tes patrons qui te zappent)
– Que tu n’as aucune considération humaine
*Liste non exhaustive*

à
– Du lundi au vendredi de 9h à 18h avec 2h de pause
– Des vacances (des « vraies vacances » bordeeeel <= non, je réalise toujours pas)
– Un salaire fixe
– Une patronne hallucinément humaine (Mazelle, vous avez envie de faire le pont ?)

Et bien, ça à l’air simple, mais c’est loin d’être simple. J’entends par là que je ne crache absolument pas sur la chose, mais j’ai vécu pendant presque 4 ans un rythme de vie de débile, sans compter la boite d’avant où c’est parti en cachuète. Aujourd’hui me voilà confrontée à un rythme « normal » et à une patronne humaine ; ça peut prêter à sourire, mais certains automatismes ont la vie dure, et je me fais l’effet d’une enfant devant des « tout-petit rien ».
J’arrive chez moi à 19h et il y a une chose fabuleuse : j’ai le temps. J’ai le temps de vivre, de glandouiller, de m’occuper. J’ai le TEMPS.
Vous n’imaginez même pas à quel point c’est merveilleux. Bon j’dois l’admettre j’ai encore du mal à assimiler la chose, alors sur mon agenda, j’écris tout ce que j’ai à faire. Par peur de… manquer de temps. C’est idiot non ?
Ahah, les joies de passer d’un extrême à un autre.

Les week-ends ? Même si je n’arrive pas à me mettre en tête que le week-end je ne bosse pas et que je fais donc ce que je veux (clairement j’arrive pas à pogrammer quelque chose, j’accepte les sorties à la dernière minute), je me surprends là encore à … prendre le temps. Prendre le temps de faire les courses (j’avais une sainte horeur de ça avant), prendre le temps de m’occuper de mes chiennes (qui sont maintenant des pots de colles version +++), le temps de faire à manger, le temps de lire, le temps d’écrire. Ca peut paraître con, mais j’ai même le temps de m’épiler (ouais, avant c’était rasoir : tout activité « extras » m’obligeant à rogner sur mon temps de sommeil. Alors entre des baobabs et dormir, j’ai choisi).
Allez, sourions encore. J’ai accepté de me rendre à un anniversaire en Aout. Le truc qui ne m’était pas arrivé depuis des lustres. J’ai dit oui, mais j’avoue que j’arrive toujours pas à réaliser que j’irai, et surtout qu’à ce moment là, je serai en « vacances ». Vacances, un terme que j’avais complètement sorti de ma vie du reste.
Là, non seulement j’ai des vacances, mais en ayant un salaire fixe : on peut prévoir. C’est bête comme chou non ?
Du coup, pendant mes vacances (3 semaines), je me suis fixée un objectif (vu que tout mon entourage est en saison, il faut que je m’occupe!) : finir la salle de bain de ma maison. C’est une petite pièce. On avait déjà acheté une partie du matos. Me reste 2-3 trucs à prendre, et hop. Let’s go.
Tu imagines toi, qu’avant, tout l’argent qu’on gagnait en saison (le « jackpot » des 3 mois) étaient placés pour nous aider à « tenir » l’hiver. Et quand je dis tenir… c’est même pire que ça : par exemple la période de Noël devenait limite anxiogène : les cadeaux et tout le bazar, même si on faisait attention, nous plombait financièrement. J’peux te dire que les nouilles au mois de décembre, on connaît par coeur.
Dans ces conditions là, tu l’auras compris : aux chiottes les vacances. C’est pas compliqué, en 4 ans, on ne s’est même jamais fait un petit week-end à 2. C’est fou quand on y pense : mettre sa vie entre parenthèse à cause d’un emploi.

Mais bon. Ainsi va la vie. Je suis bien heureuse d’avoir eu cette opportunité. Je suis heureuse de réapprendre à vivre : prendre le temps, prévoir, anticiper, profiter. Je suis heureuse de ressentir à nouveau cette sensation de séreinité. Ca ne fait que 2-3 jours que j’arrive à « lâcher prise sur le boulot », c’est à dire : une fois sortie, on n’y pense plus. A croire qu’à force de me le répéter, ma boss a fini par me le faire assimiler : « demain il fera jour, là maintenant, c’est votre vie privée qui prend le dessus » (quelle merveilleuse philosophie non?)
J’espère sincèrement que tout ça va durer et surtout que je n’oublierai pas ce que j’ai vécu et qu’ainsi que je saurai apprécier -comme une gamine- toutes ces petites choses, ces petits plaisirs, encore très longtemps.
J’ai bien sûr encore quelques caps à passer. Ma boss a senti que j’avais encore des points de blocages et même si mon boulot lui convient parfaitement, elle a senti que j’avais encore du mal à m’affirmer. J’ai eu notamment une problématique avec un client. Rien de grave. J’étais juste sûre d’avoir raison, mais -foutu manque d’assurance (doublé il faut le dire, par le fait que je suis « nouvelle » dans la boite)- je n’ai pas su lui dire (du moins « comment tourner la chose » : arrondir les angles, y aller cash ? ). Bref. Vraiment rien de grave. Mais ça m’a turlupiner. Je me suis montée le chou toute seule, et bonjour la boule au ventre/la remise en question Vieux démons de merde.
Du coup, au bout d’une heure, j’ai fini par aller voir ma boss et jouer la transparence. Ni une ni deux, elle m’a dit de ne surtout pas me remettre en cause.
f74071ec-8876-11e1-8700-3c3bd463b087-493x328Elle le connait depuis longtemps, elle connait le personnage et m’a expliqué que ça n’était pas la 1ère fois qu’il tentait d’accuser les autres alors qu’il était responsable. Clairement il est toujours dans le jus donc quand il ne s’en sort pas, il use de pretexte à la con.

Elle m’a dit de me détacher de la situation, que je n’avais rien à me reprocher, et qu’elle allait s’en occuper car elle ne supporte pas qu’on mette ses employés en porte à faux : « pas la peine de vous mettre la pression, vous venez d’arriver, votre réaction est complètement normale. Je connais votre histoire (NDRL. harcèlement moral et physique), je l’ai vécu, je sais très bien que vous devez être dans le stress là ; mais il ne faut pas : soufflez, je m’en occupe et croyez moi, il ne vous fera plus le coup sinon c’est « merci bonsoir et on trouvera d’autres clients, ce n’est pas ce qui manque alors on ne va pas s’embêter la vie avec des gens qui ne se donnent pas les moyens d’avancer honnêtement. Et puis dîte vous bien que bientôt vous ne connaitrez plus ce genre de situation. Grâce au coaching, vous ne vous ferez plus jamais marcher sur les pieds. Ni professionnellement, ni personnellement. Et même si un jour vous avez un client vraiment casse-couille, soyez tranquile ; c’est moi qui interviendrait : il est hors de questions que mes employés viennent travailler dans le stress et l’angoisse à cause d’abrutis. Lâchez prise : vous ne jouez pas votre vie. C’est un boulot, ça fait parti de votre vie mais ça n’est pas à ça qu’une vie se résume ».
On a continué à discuter.
Initialement j’aurai dû commencer le coaching à la rentrée, mais vu les états dans lesquels je mets pour des conneries, elle m’a dit que ça l’embêtait de me voir stressée alors qu’il n’y avait pas lieu, et surtout qu’elle trouvait dommage que je n’ai pas conscience de mes compétences (et que du coup, vu que je n’ose pas, je me pose des limites toute seule). Elle m’a donc demandé si je serai plus sereine si je commençais plus tôt que prévu. J’ai accepté.
Le coaching est pris en charge par la société… Et comme elle m’a dit : sur mon temps de travail car pour elle, un employé bien dans sa peau, c’est la base, et ça fait parti intégrante du poste. Un salarié bien dans sa tête sera performant. Idem : je ne dois pas m’inquiéter du nombre de séances : ça « c’est ma partie », et « je me fous de payer 10, 20, 30 séances, tant que vous, vous venez travailler avec envie et plaisir ».

Même en l’écrivant j’ai encore du mal à réaliser tout ce qu’il m’arrive, cette opportunité en or, cette humainité que je suis en train de vivre. C’est tellement énorme, beau et magnifique vraiment putain de vieux démons de merde. que j’attends la « couille ».

Bref. J’espère que tout ça va durer et que toutes les perspectives qui s’ouvrent vont porter leurs fruits. Mais surtout, sur du court terme, j’espère déjà une 1ère chose : réussir à aller au boulot sans cette petite boule au ventre.

Pas à pas… je me reconnecte à moi-même, je renoue avec des valeurs majeures que je croyais disparues ou en voie de disparition, notamment le Respect.

Pas à pas

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4 réflexions sur « Réapprendre à vivre ? »

  1. Ça existe encore vraiment des gens comme ça ? La vache, moi non plus j’y croyais pas ! Ça doit être rare alors profite ! 😀

    Et sinon je voulais te demander : tes emmerdements d’assurances après les intempéries ça s’est réglé ?

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    1. Ca existe encore. Et encore aujourd’hui elle m’a dit que j’avais un budget dédié pour tester les produits des clients que je gère… truc de ouf. Et oui l’assurance ca s’est réglé en janvier… 6 mois après mais c’est enfin bon 🙂 des bisous la miss. Profite bien du week end.

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