Éternelle insatisfaite

3199801979_1_2_CZD6h0AUÇa fait quelques temps que j’hésite à écrire ce billet.
Pas envie de passer pour la nenette qui se plaint encore de son travail malgré les conditions en or et une patronne à dimension humaine.
Mais finalement, je craque car je suis dans une situation qui commence à sérieusement me ronger…. et que je suis complètement paumée.

J’avais furtivement abordé le sujet par ici, sans jamais rentrer dans les détails ; mais fût un temps, j’avais envisagé une reconversion pro. La communication, ça ne me faisait clairement plus kiffer : rester assise devant un PC, essayer de négocier toute la journée avec des gens qui n’y comprennent rien et trouve le métier futile voire inutile ; devoir batailler avec des collègues qui ne pensent guère mieux etc.
Finalement, l’euphorie, la joie de sortir des saisons a été telle que j’ai trouvé un regain d’énergie en reprenant la communication, et encore plus en découvrant ma future patronne : ouverte, joyeuse etc. Mais voilà. Chassez le naturel, il revient au galop… et l’euphorie s’est visiblement très vite partie. Beaucoup plus vite que je n’aurai imaginé.
Le constat est simple.
Mes 2 collègues ne connaissent pas mon métier, ni ma patronne d’ailleurs. Du coup, je me suis retrouvée avec des missions que je bouclais en 1h alors qu’eux pensaient que j’y mettrai la demi-journée. Je me suis donc assez vite ennuyée. Mais j’ai persisté : après tout, c’était le début !
Puis il y a eu les vacances… et mes vieux démons de reconversion m’ont pro sont venus me chatouiller.
La reprise a été compliquée : aucune motivation… Ça aurait pu passer si au boulot ça c’était bien passé, mais non. Les choses ne vont guère en s’arrangeant… Je me retrouve à faire des choses qui ne relèvent pas de mes compétences, avec des collègues qui font la moitié de mon taf (de travers) ne comprenant pas les limites de leurs postes et du miens. Ou comment dois-je réaliser une campagne de com si ça n’est pas moi qui appelle le client mais eux… et qu’eux, ne sachant les infos dont j’ai besoin, oublie a peu près les 3/4. J’ai expliqué 1 fois, 2, 3, 4 10 fois. Rien à faire. Et ça y est, commence à me sortir par les yeux. Le fait que j’ai commencé des démarches pour un autre métier a, à mon avis, clairement mis à mal ma patience.
lskj1owfIdem, ils voient tous la communication comme la solution miraculeuse à tous les problèmes : fais une campagne de mails comme ça, elle fera du chiffre d’affaires. Euh…
Dans le genre, mon collègue voudrait que j’envoie des mails tous les 2 jours pour les clients ; j’ai beau lui avoir expliqué en long, en large, en travers que trop de mails ne servaient à rien voire même desserviraient le client, rien à faire…
Pareil, j’ai expliqué que quand la cliente m’envoie une fichier de 3742 contacts où seulement.. 126 mails sont valides, je suis désolée, mais je ne peux pas faire de miracle… Mais, ils n’assimilent toujours pas. Et surtout, ils ne jurent tous que par les mailings, mailings, encore mailings.
On m’en a imposé un… Aucun but : juste envoyer que la société fait telle activité. C’est bien, mais les clients le savent déjà. C’est donc impertinent. Je leur ai dit, redit, re-expliqué. Au final, même ma boss m’a demandé de la faire. Alors j’ai fait. Forcément, gros bide… Et là, tout le monde s’étonne et « t’as foiré ton taf ».
Pareil, on m’impose des dates. Mais en mailing comme en campagne SMS, le jour d’envoi peut faire la différence… M’imposer une date est complètement incohérent ! Je leur ai déjà dit, mais c’est rentré … et sorti !
Cela dit, même en faisant des campagnes qui fonctionnent… ça coince. J’en ai fait une pour une cliente. Une grosse campagne où j’ai envoyé le pâté. La cliente s’est fait déchirer : les retombées ont été optimales. Pour ça, j’ai utilisé 3 supports, avec des jours/heures précises. Je l’avais briefé, je lui ai tout expliqué : pourquoi là, pourquoi ce support. J’ai fait pareil avec mon collègue pour qu’il sache. Au final, ça a cartonné, et mon collègue me sort : « mais pourquoi tu as pas fait ça comme ça ? Moi j’aurai plutôt envoyé le mail avant, et le SMS après ». Et ça me rend dingue…. « et toi t’es commercial, je ne viens pas te dire comment convaincre tes clients, chacun son métier ».
Ou comment me faire câbler.
Là, la dernière en date est qu’on me demande de commercialiser mon boulot. Or, ça n’est pas mon métier… Je ne suis pas commerciale, et si c’était le cas j’aurai accepté des offres financièrement bien plus alléchantes. Et puis, je ne vois pas l’intérêt : vendre mes presta à un client pour le compte de ma société… Hum. Autant monter ma boite et le faire en direct, non ?
S’en ai suivi une requête pour que je fasse du phoning… Là encore je buggue : je ne suis pas commerciale.
Tout à l’heure, je discute avec mon collègue qui me dit qu’il est en train de faire un communiqué de presse pour une cliente. Ouais, sauf que ça, c’est mon métier… pas celui d’un commercial. « mais c’est pour te faire gagner du temps »… Euh. Tu n’as jamais fait un communiqué de presse, alors que ça fait 10 ans que j’en fais, et qu’en plus j’ai bossé dans un média. Comment dire… Tu me fais perdre plus de temps qu’autre chose. Dans la foulée, il me demande si je me suis occupée de la campagne d’untel… Hum. Encore aurait-il fallu que je sois au courant. Problème, il s’est engagé auprès de la cliente. « Tu ne peux pas le faire pour ce soir? » (il était 16h, et il fallait que je fasse une campagne sur 3 supports : mail/sms/fly/communiqué de presse). Clairement, j’ai craqué. Je l’ai un peu envoyé bouler, car en plus de ce coup-là, du précédent communiqué qu’il était en train de faire, il a aussi omis de me dire que j’avais un autre fly à faire. En clair, il m’a mis dans le jus, donc la campagne sur les 3 supports, FUCK. Pour le dernier fly, ça aurait pu être simple ; c’était pour une action qu’il a mise en place à titre perso et que ma boite sponsorise. Je ne suis au courant de rien, je ne connais pas l’événement etc. Alors forcément, pour faire son fly, je lui demande : pour qui c’est, comment il va le distribuer, ce qu’il veut mettre…. 2h de perdu à essayer de comprendre ce qu’il voulait (et que je n’ai toujours pas compris). En gros un fly pour ma boite avec son asso, puis finalement pour l’événement, puis encore finalement un fly de ma boite modifié pour coller à son événement, puis un fly pour son asso sponsorisé par ma boite. Bref. Vu qu’il ne comprend pas l’intérêt de la communication, et l’intérêt de mes questions, ce fût chaotique. Au final, vu il voulait tout simplement reprendre un fly de ma boite et changer 2 mots… pour imprimer 50 exemplaires (just-in-time). Je me suis encore énervée : pour changer 2 mots et 50 exemplaires, ça ne sert à rien. Ou comment perdre 2h…
Ma boss pas mieux : créer une boite mail @nomdemasociété.fr
Elle est presque tombée des nues quand je lui ai dit : désolée, c’est le taf du webmaster… Idem, elle m’a demandé de faire une interview d’un client pour faire sa communication. Heureusement, j’ai travaillé dans un média. En revanche, en faire la promo avec notre boite OK, mais comment ? J’ai crée le facebook et le twitter hier : j’ai 6 abonnés. Youpi. Quelle promo !

Bref, tout ça commence à me monter au cerveau… mais impossible d’en parler car ma boss est tout le temps en déplacement à l’étranger et quand elle est sur place, elle est toujours au téléphone.
Ça me ronge sérieusement, ça fait quelques temps déjà mais là, ça va faire une semaine que clairement… je fais un énorme blocage et que j’y vais la boule au ventre. Je dois me rendre à l’évidence. Mes missions ne me font pas frémir. Je ne me rends pas au travail avec l’ENVIE. Non. Je viens juste bosser, constater les incohérences (mais je fais ce que je sais faire).
Point.
Il n’y a pas le petit « plus » qui fait que tu prends ton pied à faire ton taf. Tout ça me casse les bonbons. Expliquer, ré-expliquer aux clients, aux collègues le pourquoi du comment.
Il manque quelque chose. J’ai pensé que c’était lié à la prise de poste, mais non… ça part vraiment en cacahuète.
J’ai le sentiment d’être une éternelle insatisfaite, jamais contente, toujours à se plaindre. Le problème vient-il de la gestion de la société ? J’en doute sérieusement en fait. Je ne sais même pas, si tout se passait bien, si je ne traverserais pas quand même cette période de remise en question car je crois au fond que le problème est ailleurs ; assez naturellement est revenu mon envie de reconversion pro qui m’avait titiller juste avant de prendre ce poste.
J’avais passé toute une batterie de tests avec Pole et l’APEC pour savoir vers où aller. Les résultats étaient sans appel : aider les autres. De mémoire, le pourcentage s’élevait à 97%. Une évidence.
Il y avait plein d’autres choses qui ressortait dans ces tests : la pratique artistique (95% je crois), le fait d’être son propre patron (93% ou quelque chose comme ça). On avait pas mal poussé les tests avec l’APEC et il ressortait très largement que travailler POUR quelqu’un devenait vraiment problématique pour moi.
Tout semble revenir comme un boomerang. En pleine face.
Suis-je aussi casse-couille, éternelle insatisfaite, râleuse ? Je me bafferai quand je suis dans ce genre de doute : quoi faire, comment, comment être sûre…

Suis-je incapable de m’adapter à un poste du fait que j’ai vécu du harcèlement moral et physique ? Est-ce l’origine de mon blocage et ma réticence à ce poste ? Ou est-ce parce que je n’ai vraiment plus envie de faire ce métier ?
Est-ce que je dois rester ? Trouver un autre poste dans la communication, ou carrément changer de métier ?
Aucune idée… Toutes ces possibilités sont problématiques de toute façon. Soit supporter, soit trouver un emploi vu le taux de chômage, soit le coût de la formation. J’suis pas sortie de l’auberge…

J’attendais un CDI, un salaire fixe, des horaires normales, un poste dans ma branche. J’ai tout ça, et ça va toujours pas. J’me fatigue toute seule.

J’suis paumée

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4 réflexions sur « Éternelle insatisfaite »

  1. Ta boss n’est pas dispo parce qu’elle a des rendez-vous, mais est-ce que ça ne serait pas possible d’aller la voir la prochaine fois en lui disant « écoutez madame, j’ai quelque chose a vous dire, mais je sais que vous êtes très occupée, donc est-ce que c’est possible qu’on se prenne un rendez-vous ? » comme ça t’es sûre qu’elle aura un créneau pour toi, non ? 🙂 Je pense que tu devrais essayer de lui parler pour lui expliquer tout bien comme il faut où commence ton travail et où il se finit, quitte à faire une liste ou je sais pas… et en fonction du résultat tu pourras voir ce que tu veux faire. Et si tu veux changer de métier, je pense que c’est possible d’avoir une formation tout en gardant ton emploi, après faut voir au niveau des heures.

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    1. Ça fait 4 RDV que je prends avec elle et qu’elle annule à la dernière minute… C’est pas faute d’essayer, et là j’avoue, j’ai même pus envie d’essayer car visiblement tout le monde s’en branle de tout 😦

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      1. Ah mince… et si tu lui envoie un mail ? Certes c’est pas très traditionnel comme façon de faire mais si tu lui expliques que comme elle annule les rendez-vous tu savais pas comment faire… puis en plus tu pourras tout bien expliquer, puisque écrire c’est parler sans qu’on nous coupe la parole.

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      2. Ahah… 1 téléphone pour 3 ; 1 adresse mail pour 3, en plus en @hotmail…
        Ce qui d’ailleurs me gonfle car le commercial ouvre tous les mails et que du coup, j’en rate qui me concerne puisque « déjà lu »… et qu’avec une adresse en @hotmail, je ne peux pas inscrire la société sur certains sites car c’est considéré comme « non professionnel » (tu m’étonnes!)

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