Silence

11820706_983454275049774_1752906102_nSavoir que ses proches sont en plein milieu de ces fusillades donne un caractère particulier dans l’appréhension des événements. On vit suspendu à l’actualité, à son téléphone. Dans la peur, l’angoisse d’un message. D’un mot. D’un signe de vie.
Putain. Un signe de vie.
On est face à l’effroyable, impuissant ; tributaire du temps, accroché à nos écrans, buvant les paroles des « experts » qui tentent de dénouer, d’expliquer, raconter l’inexplicable. On veut en savoir plus, toujours plus, mais on ne sait rien. On voit, on constate. Les rumeurs courent. Les images défilent : la rue où vit ses proches, le bar où est retranché notre ami ; ces lieux si familiers envahit de cadavres, de sang, de hurlements et de gens terrorisés.
On est si impuissant. Si inutile dans ces moments-là.
L’angoisse fait partie de nous. Non. Elle est nous. Notre esprit ne décroche plus. On n’envisage tous les scénarios.
Et si… ?

Dieu merci Facebook m’a permis d’être rassurée sur un ami proche du Bataclan : retranché dans un bar, il témoignait en direct de l’horreur : les coups de feu, les forces de l’ordre, les hurlements. Une note de positive face au chaos, aussitôt botté en touche par l’absence de nouvelle de sa famille : aucune nouvelle de ma tante qui vit à une 20aine de mètres du lieu des fusillades. Personne n’arrive à la joindre. L’ascenseur émotionnel à son comble.
Une vision d’apocalypse, des moments surréalistes. Irréels. Pourtant, on sait, on voit, on entends, mais les choses sont tellement.. incommensurables qu’on à peine à se dire que c’est réel. Que si, elle est bien en plein milieu de tout ça. Que si, même si loin, ça peut nous toucher de si près. Que si, ça peut arriver. Encore.
56473ed563075L’absurde au nom d’une cause sans raison d’être. Les questions, les peurs. La peur pour vos proches. Et ce sentiment d’impuissance. Ce foutu sentiment d’impuissance. D’autant plus fort que j’aurai dû être là-bas hier soir. Oui. J’aurai dû être là-bas avec ma tante hier soir, mais j’ai annulé mon RDV.

Et puis le miracle quand tu commences à envisager le drame. J’ai eu cette chance. Cette chance inouïe que certains ne partagent pas encore en ce moment et à qui j’envoie toutes mes pensées.
J’ai eu une réponse d’elle ce matin à 11h. Le soulagement total.
Visiblement une bonne étoile nous a guidées.

Je n’ai pas/plus les mots face à cet effroyable acte de barbarie. Alors je terminerais ici en envoyant tout mon soutien le plus profond et sincère à toutes ces personnes qui sont elles encore dans cette attente interminable.
Et bien sûr, toutes mes pensées à ces personnes touchées par ce deuil si injuste, si barbare, si… inutile.

Pensées.

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2 réflexions sur « Silence »

  1. Comme je comprends.
    Quelqu’un qui m’est chère était au Bataclan. Elle va bien et elle m’a prévenu très vite. Mais l’état second était/est toujours là. Cette impression d’irréel également. Et l’angoisse également. Alors qu’elle va bien.
    Et ce p*tain de sentiment d’impuissance est là, peur de mal faire, d’en faire pas assez, de ne pas avoir les bons mots, peur de la blesser avec ce que je lui dis ou ne dis pas, peur d’être maladroite.
    Ressentir des choses alors que je n’y étais pas, j’étais en sécurité contrairement à elle.

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